Népal : près de 700 morts et 3 000 disparus après la crue
Népal : 682 morts et 3 000 disparus après la crue

La crue dévastatrice survenue mercredi à la frontière entre le Népal et la Chine a fait au moins 682 morts et quelque 93 000 sinistrés, selon les bilans officiels encore provisoires. Les secouristes intensifient leurs recherches samedi 30 août pour retrouver environ 3 000 personnes disparues, tandis que le gouvernement népalais appelle la communauté internationale à l'aide pour faire face à cette catastrophe et au changement climatique.

Un bilan humain encore provisoire

Selon les bilans officiels, 682 corps ont été exhumés depuis mercredi de l'épaisse couche de boue et des décombres des bâtiments, routes, ponts et chantiers balayés par la vague. Parmi eux, 675 ont été retrouvés côté népalais et 7 sur le territoire chinois du Tibet. Sept autres corps, découverts à des dizaines de kilomètres en aval dans le nord de l'Inde, sont en cours d'identification et pourraient rejoindre la liste des victimes.

Les secouristes peinent à retrouver la trace de quelque 3 000 personnes, dont 2 426 au Népal et 556 côté chinois, sans nouvelles depuis mercredi. Parmi elles figurent des centaines de touristes, de pèlerins et d'ouvriers étrangers employés sur les chantiers de barrages en construction dans la région, ainsi qu'un nombre toujours croissant d'habitants des villages dévastés.

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Des opérations de secours difficiles

Le travail des sauveteurs est lent, difficile et épuisant, a décrit Kawan Koirala, sauveteur de la sécurité civile népalaise. "Les gens veulent absolument retrouver leurs proches, morts ou vifs, mais on n'y arrive pas […] regardez toute cette boue", a-t-il confié à l'AFP, fourbu après dix-huit heures de travail sans interruption. "C'est très perturbant pour moi aussi. C'est la première fois que je vois ça."

"Toutes les habitations près de la rivière ont été emportées. Il ne reste plus rien", a résumé pour l'AFP Buddhi Ram Dangol, un Népalais de la vallée ensevelie. Les proches des disparus ont continué à affluer samedi au quartier général de campagne des secours népalais, à Bidur, en quête d'information, mais leur espoir s'amenuise. "Cela fait déjà plus de trois jours", a constaté auprès de l'AFP Rishi Shrestha, sans nouvelles depuis mercredi de son cousin qui devait se rendre en Chine. "Alors il y a 99 % de risques pour qu'il ne soit plus en vie."

Un appel à l'aide internationale

Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a assuré que son gouvernement était pleinement mobilisé. "À l'heure actuelle, l'urgence reste aux secours et à sauver des vies autant que possible", a-t-il dit devant la presse. Il a estimé à "plusieurs milliards de dollars" le coût de la reconstruction et fait appel "au soutien de la communauté internationale".

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a estimé vendredi à 93 000 le nombre de sinistrés, évoquant un "traumatisme énorme". En Chine, des milliers de sauveteurs continuent à batailler pour se frayer un chemin vers le cœur de la zone dévastée, le poste-frontière de Gyirong à 1 830 m d'altitude. Selon l'agence Chine nouvelle, un peu plus de 500 secouristes y sont désormais à pied d'œuvre.

La télévision publique CCTV a diffusé des images de pompiers casqués traversant un torrent à l'aide de bateaux pneumatiques ou hélitreuillés à l'aide d'un puissant drone. "La plus grande difficulté, c'est d'assurer la sécurité de nos militaires", a déclaré un officier, Jiang Wanqiang. Des deux côtés de la frontière, les secours travaillent sous la menace d'une éventuelle rupture du lac formé mercredi par l'effondrement du glacier dans la rivière. Vendredi, leurs opérations ont été perturbées par des alertes liées à de possibles coulées, levées par la suite.

Côté népalais, plus de 80 sauveteurs cherchent toujours à atteindre un tunnel du chantier du barrage de Trishuli-3 en construction, où une centaine de personnes restent bloquées. "Le travail de dégagement du tunnel s'est intensifié samedi matin", ont rapporté les services du Premier ministre Balendra Shah, "mais leurs efforts sont contrariés par les conditions météo défavorables". Une équipe de sauveteurs spécialisés est arrivée d'Inde voisine pour les assister, une autre est attendue de Chine.

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Plus de 350 ouvriers et riverains ont déjà été évacués de cette région. "J'ai survécu parce que j'étais dans le tunnel", a expliqué à l'AFP l'un d'eux, Buddha Tamang, après son évacuation. "Des cadres travaillaient de l'autre côté, ils ont tous été emportés."

Le changement climatique en cause

Experts et scientifiques attribuent la catastrophe à l'effondrement d'un énorme glacier qui a transformé en un instant une paisible rivière en un fleuve en furie. Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson – entre juin et septembre – au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît leur intensité et leur fréquence.

"Nous appelons le monde à l'aide face au changement climatique, un grand défi pour le Népal et toute la région", a exhorté samedi devant la presse le ministre Shisir Khanal, "ce combat doit être celui de tous".