Népal : 362 morts, la boue rend les secours très difficiles
Népal : 362 morts, la boue complique les secours

Au moins 362 corps ont été extraits jeudi des décombres après la catastrophe survenue mercredi à la frontière du Népal et du Tibet. Une vague de boue, déclenchée par l'effondrement d'une partie d'un glacier, a englouti des maisons, des immeubles et des écoles. La violence du phénomène a été enregistrée comme un séisme de magnitude 5,2. Des centaines de personnes sont encore portées disparues, dont quatre Français.

Des recherches rendues très compliquées par l'accumulation de débris

Thierry Velu, président du Groupe de secours catastrophe français (GSF), explique que les recherches sont particulièrement difficiles au Népal. « Les débris se sont tellement accumulés que les premiers accès sont obligatoirement aériens, par hélicoptère », précise-t-il. Dans un premier temps, les équipes tentent de repérer des « zones de vie », où des personnes arriveraient à s'extraire des décombres. Les premières victimes sont des « victimes de surface », qui se trouvent dans des endroits accessibles ou qui ont réussi à s'abriter.

Actuellement, les secours sont en phase de « zonage ». Ils se concentrent sur les zones les plus touchées, où le plus d'immeubles de grande hauteur se sont affaissés, pour tenter de retrouver le plus de personnes possible. Ensuite, ils interrogeront les habitants pour savoir où les autres pourraient se trouver. L'heure à laquelle survient un séisme est déterminante, car elle indique l'éventualité de retrouver des survivants dans leur chambre ou au supermarché. Mais au Népal, cela a moins d'importance car la crue a tout emporté.

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Des chances de survie très diminuées par rapport à un séisme classique

Thierry Velu souligne que les personnes sont beaucoup plus difficiles à localiser après une inondation qu'après un séisme « classique ». Lors d'un séisme, les habitants trouvent souvent des « poches de vie » où se réfugier. Au Népal, avec l'amas immense de débris, les victimes emportées par le torrent ont pu rapidement être ensevelies. « Sous une dizaine de mètres de boue, il n'y a plus d'air, nombreux sont ceux qui ont dû s'étouffer, en étant recouverts ou projetés sur plusieurs kilomètres », explique-t-il. Après une catastrophe pareille, les chances de survie sont très diminuées.

Une expérience similaire au Venezuela en 1999

Thierry Velu a déjà porté secours aux victimes d'un drame similaire, au Venezuela. En décembre 1999, la « tragédie de Vargas » avait été provoquée par des pluies torrentielles sur la côte, causant d'importantes inondations et glissements de terrain. Le bilan s'était élevé à plus de 20.000 morts et 100.000 blessés. « La situation ressemblait à celle du Népal : une coulée de boue avait charrié des tonnes de débris, bâtiments et véhicules ont été avalés. On a eu énormément de mal à retrouver les survivants », se souvient-il.

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