Reinhold Messner hanté par la disparition de son frère Gunther dans l'Himalaya
Messner hanté par la disparition de son frère dans l'Himalaya

L'alpiniste légendaire Reinhold Messner, 81 ans, a confié dans une interview au Sunday Times que la disparition de son frère cadet Gunther, survenue le 28 juillet 1970 sur les pentes du Nanga Parbat, le hante toujours. « Chaque jour, je pense à Gunther. Ce n'est pas une obsession, mais une ombre qui m'accompagne », a-t-il déclaré.

Un drame qui a marqué l'histoire de l'alpinisme

L'expédition germano-autrichienne de 1970 visait la première ascension de la face Rupal du Nanga Parbat, l'une des plus hautes et dangereuses du monde. Reinhold et Gunther Messner, tous deux jeunes alpinistes ambitieux, faisaient partie de l'équipe. Après avoir atteint le sommet le 27 juillet, les deux frères, séparés des autres membres, ont été contraints de bivouaquer à plus de 8 000 mètres d'altitude en raison de l'épuisement et du mauvais temps.

La descente fatale et la controverse

Le lendemain, alors qu'ils tentaient de redescendre par la face Diamir, moins technique mais inconnue, Gunther, âgé de 24 ans, a été emporté par une avalanche de séracs sous les yeux de Reinhold. Ce dernier, affaibli et gelé, a dû continuer seul, atteignant un village pakistanais après quatre jours d'errance. Cet événement a suscité une vive controverse : certains accusateurs, dont des membres de l'expédition, ont laissé entendre que Reinhold aurait abandonné son frère pour sauver sa propre vie.

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Preuves et réconciliation

En 2005, une expédition sino-allemande a découvert les restes de Gunther Messner au pied de la face Diamir, confirmant ainsi la version de Reinhold. « J'ai enfin pu pleurer mon frère », a-t-il écrit dans son livre Ma vie sur le fil. L'autopsie a montré qu'il était mort sur le coup, des suites d'une chute de pierres et non d'un épuisement ou d'une hypothermie.

Un traumatisme indélébile

Reinhold Messner, devenu le premier homme à gravir les 14 sommets de plus de 8 000 mètres sans oxygène, admet que cette perte a façonné sa carrière. « Chaque sommet conquis était une tentative de fuir le souvenir de Gunther, mais en vain », confie-t-il. Aujourd'hui, il consacre ses musées et ses écrits à la mémoire des disparus en montagne. « Mon frère n'est pas parti, il me manque toujours », conclut-il.

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