Incendie en Lozère : 120 hectares brûlés, une maison détruite
Incendie en Lozère : 120 hectares brûlés, maison détruite

Depuis lundi 13 juillet 2026, un incendie ravage les reliefs de la Margeride, à Saint-Bonnet-Laval (Lozère), sur le hameau de Condres. Si les flammes semblent aujourd'hui contenues, 120 hectares ont déjà brûlé, une maison a été détruite et la vallée reste entièrement mobilisée face à la menace des reprises dans ces terrains difficiles d'accès.

Un paysage calciné dans la vallée du Chapeauroux

Dans la vallée du Chapeauroux, au nord de la Lozère, un paysage calciné se dessine. Les reliefs de la Margeride sont à peine visibles, engloutis sous un épais voile de fumée qui recouvre encore l’horizon en ce mardi 14 juillet 2026. Aux abords de l’incendie déclenché la veille vers 17 heures, près du hameau de Condres sur la commune de Saint-Bonnet-Laval, une odeur âcre de bois brûlé flotte entre les vallons, tandis que le feu, qui semble être fixé et maîtrisé pour l’heure, continue de mobiliser les secours.

Au total, 120 hectares sont partis en fumée, s'ajoutant aux 127 hectares qui avaient déjà été ravagés une semaine auparavant dans le même secteur. Le colonel Frédéric Lhomme, présent sur les lieux, "n’exclut pas que cet incendie soit lié à une reprise". "Parfois rien n’est visible en surface mais, dans le sol, les racines continuent de brûler, il suffit d’un peu de vent et ça repart", explique un pompier.

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110 pompiers toujours mobilisés

Les 110 femmes et hommes encore mobilisés sur le terrain poursuivent les opérations de noyage des lisières de l’incendie afin d’empêcher toute reprise de feu et d’éviter sa propagation. Aucun blessé n'est à déplorer, mais une maison, au lieu-dit La Garde, a été complètement détruite après avoir été traversée par les flammes.

Tous les habitants du hameau sont sous le choc, l’incendie était à leur porte. "Tout est allé très vite, je n’ai pas dormi de la nuit. Chez moi, il n’y a que ma maison qui n’a pas cramé, tout le reste est parti en fumée", se désole une habitante. Dans ses yeux, de la peur, mais aussi de la colère : "On n’a eu aucun Canadair, sans les Dash ma maison aurait brûlé. On a peu d’aide ici en Lozère, aucun élu n’est venu nous voir à part notre maire".

Solidarité des habitants et des agriculteurs

Les habitants des villages voisins ont répondu présent à l’appel. "On a ramené un peu à manger", s’écrie l’un. Sous la tonnelle en face du poste de commandement, une restauration de fortune s’installe doucement avec des mets et des boissons fraîches. "Les jeunes du comité des fêtes se sont mobilisés pour apporter des ravitaillements", sourit une habitante.

Les agriculteurs enchaînent les allers-retours avec leurs tonnes à lisier remplies d’eau pour réapprovisionner les piscines dans lesquelles les pompiers viennent se servir pour combattre les flammes. "On fait ça pour leur permettre d’avoir plus de moyens sur le feu", détaille un agriculteur présent.

Deux points de vigilance sous haute surveillance

En fin d’après-midi, deux points de vigilance sont encore sous haute surveillance des pompiers. À l’est du village, en direction de la vallée de l’Allier, le feu continue de progresser sur un terrain escarpé. Le colonel et ses équipes aériennes étudient la possibilité de déclencher un feu tactique. L’objectif : créer une rupture de combustible en brûlant de manière contrôlée une portion de végétation afin de stopper l’avancée de l’incendie.

À l’ouest, les gorges du Chapeauroux inquiètent beaucoup plus. "Le feu reste difficile d’accès à cause du relief. On va attendre que le feu arrive sur la route pour l’éteindre, il aura peu d’énergie puisqu’il descend", détaille le commandant Ludovic Billa du Sdis du Gard. Les largages de retardant par les Dash la veille ont permis de ralentir l’incendie, mais les actions terrestres restent indispensables pour étouffer la progression du feu.

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"Le maire a demandé un bulldozer pour créer une piste dans le massif afin que nos véhicules puissent avancer au plus près de la lisière du feu. Ici, le terrain est trop accidenté pour nos véhicules, cette voie a vocation à ce que le feu vienne mourir sur la coupure de combustible et ainsi éviter qu’il ne progresse davantage", explique le commandant Ludovic Billa. Il ne restera plus qu’à déployer des tuyaux pour noyer la zone encore intacte de l’autre côté de la piste afin d’éviter toute reprise.