Un incendie d'une ampleur exceptionnelle s'est déclaré lundi 13 juillet dans la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne. Le feu, qui a déjà parcouru plus de 300 hectares, mobilise près de 500 pompiers et une vingtaine d'avions bombardiers d'eau. Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a déclaré : « Nous sommes face à la crise d'ampleur que nous redoutions. »
Un feu difficile à maîtriser
L'incendie a débuté en début d'après-midi dans le secteur de la plaine de la Solle, un espace boisé très fréquenté. Les conditions météorologiques – vent fort et sécheresse – ont favorisé la propagation rapide des flammes. Selon la préfecture de Seine-et-Marne, 150 hectares supplémentaires ont brûlé en seulement deux heures en fin de journée. Les pompiers luttent pour protéger les habitations situées en lisière de la forêt, notamment dans les communes de Fontainebleau et d'Avon.
Une situation historique
Le lieutenant-colonel Jérôme Legrand, porte-parole des pompiers de Seine-et-Marne, a qualifié la situation d'« historique » pour la région : « On n'avait pas vu un feu de cette intensité depuis la canicule de 2003. » Les autorités ont évacué 1 200 personnes, dont 800 campeurs du camping de la Faisanderie. La circulation est interdite sur la RN 6 et plusieurs routes départementales sont fermées. Le trafic ferroviaire est également perturbé sur la ligne Paris-Montargis.
Le changement climatique en cause
Christophe Béchu a lié directement cet incendie au changement climatique : « La forêt de Fontainebleau est un poumon vert pour l'Île-de-France, mais elle est aussi un symptôme de ce qui nous attend si nous n'agissons pas. » Il a rappelé que la France a connu un début d'année 2026 particulièrement sec, avec un déficit de pluie de 30 % par rapport à la normale. Des scientifiques du CNRS estiment que la probabilité d'incendies de grande ampleur dans les forêts tempérées a augmenté de 40 % en raison du réchauffement climatique.
Des moyens exceptionnels déployés
Le gouvernement a activé la cellule interministérielle de crise. Des renforts sont arrivés de toute la région, dont des unités de Paris, de l'Essonne et du Loiret. Un poste de commandement avancé a été installé à la mairie de Fontainebleau. Le ministre a annoncé que des moyens aériens supplémentaires seraient déployés dès mardi matin, avec l'arrivée de deux Canadairs venus de la base de Nîmes. Les pompiers espèrent contenir le feu d'ici mercredi, mais les prévisions météorologiques annoncent un vent toujours soutenu.
Impact sur la biodiversité
La forêt de Fontainebleau, classée réserve de biosphère par l'UNESCO, abrite une biodiversité exceptionnelle. Le parc national a déjà recensé la destruction de plusieurs habitats d'espèces protégées, comme le lucane cerf-volant et la cigogne noire. Les associations environnementales dénoncent un « désastre écologique ». « C'est un patrimoine naturel unique qui part en fumée », a déclaré Sophie Moreau, présidente de l'Association des amis de la forêt de Fontainebleau. Les experts estiment qu'il faudra au moins 50 ans pour que la forêt se régénère naturellement.
Une enquête ouverte
Le parquet de Melun a ouvert une enquête pour déterminer l'origine du feu. La piste accidentelle est privilégiée, mais la thèse criminelle n'est pas exclue. Les gendarmes ont déjà entendu plusieurs témoins. Le préfet de Seine-et-Marne a appelé à la prudence et rappelé que tout feu est interdit en forêt en période de sécheresse.



