Inondations en Gironde : une décrue interminable malgré le début du retrait des eaux
Gironde : la décrue s'annonce très longue après les inondations

Une décrue laborieuse dans le Sud-Gironde après les violentes intempéries

Si les eaux commencent enfin à se retirer dans le Sud-Gironde, de nombreux habitants restent prisonniers des flots. Les sinistrés et les municipalités n'ont d'autre choix que de patienter et de s'adapter à cette situation exceptionnelle provoquée par les intempéries des derniers jours.

Des villages toujours isolés par les eaux

La décrue, bien qu'amorcée, s'annonce particulièrement longue et devrait nécessiter plusieurs jours avant de libérer complètement les habitations immergées. Les villages de Bourdelles, Floudès et Barie restent coupés du monde, entourés par les eaux persistantes. « On ne maîtrise pas la descente des eaux », constate avec fatalisme Richard Gauthier, le maire de Bassane, dont le centre-bourg est heureusement redevenu accessible.

À La Réole, dans le quartier du Rouergue, l'eau se retirait doucement samedi 21 février, permettant à certains riverains de commencer les opérations de nettoyage. Vincent Trouche / SO évoque « des moments éprouvants » pour les populations touchées.

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Les communes mobilisées pour venir en aide aux sinistrés

En attendant une normalisation complète, les communes évaluent les dégâts, nettoient les espaces publics, lancent les démarches administratives et apportent leur soutien aux sinistrés. À Cadillac, où l'eau stagnait encore abondamment dans le bas de la commune samedi, engloutissant maisons et véhicules, les pompes continuaient de fonctionner dans les caves et chez les commerçants.

Un communiqué municipal partagé sur les réseaux sociaux indique que les élus poursuivent leur porte-à-porte pour recenser les besoins des sinistrés :

  • Nettoyage des habitations
  • Évacuation des objets endommagés
  • Remise en place du mobilier

Malgré la situation difficile, un semblant de normalité est revenu à Cadillac avec la tenue du marché samedi matin, grâce à une adaptation ingénieuse : les étals ont été délocalisés en hauteur, au sein de l'école Jean-de-la-Fontaine.

Une situation qui s'améliore lentement

À Langon, la décrue se poursuit également au ralenti. Le niveau du fleuve s'élevait à 8,28 mètres à 15 heures samedi, contre 8,68 mètres la veille à la même heure. Sur place, les services municipaux et la gendarmerie restent mobilisés pour sécuriser les zones touchées.

Un soulagement notable pour les 10 000 foyers qui étaient privés d'eau depuis lundi 16 février : la fuite a été localisée et réparée dans la nuit de vendredi à samedi, permettant un retour à la normale de l'alimentation en eau, comme l'a annoncé la commune sur sa page Facebook.

À La Réole également, la décrue s'annonce très progressive. La Garonne s'élevait à 8,51 mètres samedi à 15 heures, contre 8,61 mètres la veille. Sur les réseaux sociaux, la municipalité, qui parle de « moments éprouvants », rappelle aux sinistrés les démarches à effectuer auprès de leurs assureurs.

Des perturbations attendues pour la rentrée scolaire

Dans ces communes du Sud-Gironde, cette lente décrue risque de perturber significativement la rentrée scolaire. Si les écoles rouvriront bien leurs portes lundi, les transports scolaires pourraient être sérieusement affectés.

La Ville de Cadillac a listé plusieurs arrêts de bus non desservis sur différentes lignes et invite les familles à consulter les prévisions de trafic sur le site des transports de la région. « On n'a pas d'autre choix que d'attendre », résume l'état d'esprit général.

Même son de cloche à La Réole, où la municipalité appelle les familles à la plus grande prudence, alors que « plusieurs routes restent fragilisées et certaines encore impraticables ».

Un réseau routier sous surveillance

Après un premier tour d'inspection des voiries intercommunales découvertes, Adrien Buffel, directeur général adjoint de la Communauté de communes du Réolais en Sud-Gironde, juge leur état « assez rassurant ». « On espère qu'il n'y aura rien de plus grave sur les parties basses », déclare-t-il.

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Pour en avoir le cœur net, il faudra cependant faire preuve de patience : « Demain [dimanche], la Garonne sera au même niveau que maintenant », estime-t-il. La situation ne devrait véritablement s'améliorer qu'à partir du seuil de 7,40 mètres, cote à laquelle presque tout le réseau routier devrait être asséché.

Le département restait placé en vigilance orange crue samedi, une alerte qui devait se poursuivre selon Météo France ce dimanche 22 février, rappelant que la vigilance reste de mise malgré les premiers signes d'amélioration.