Des incendies dévastateurs frappent simultanément l'Indonésie, l'Europe et le Canada, illustrant une réalité nouvelle : plus aucun territoire n'est à l'abri des feux ravageurs. Cette multiplication des sinistres, liée au changement climatique, appelle une réponse globale.
Un phénomène mondial sans précédent
L'Indonésie connaît une saison des feux particulièrement active, avec des centaines de foyers détectés sur les îles de Sumatra et de Bornéo. En Europe, la Grèce et l'Espagne luttent contre des incendies hors normes, attisés par des températures records. Au Canada, la Colombie-Britannique a déclaré l'état d'urgence face à des feux qui ont déjà brûlé des milliers d'hectares.
Selon les données compilées par Libération, la superficie totale brûlée en 2025 dépasse déjà la moyenne des dix dernières années à la même période. Les scientifiques pointent un allongement des saisons des feux et une intensification des sécheresses, rendant les forêts plus vulnérables.
Des conséquences humaines et environnementales
Les feux ravageurs entraînent des évacuations massives : des dizaines de milliers de personnes ont dû quitter leur domicile en Indonésie et au Canada. Les fumées toxiques provoquent des pics de pollution atmosphérique, menaçant la santé des populations, notamment en Asie du Sud-Est.
La biodiversité paie un lourd tribut. Des écosystèmes uniques, comme les tourbières indonésiennes, sont détruits, libérant d'importantes quantités de carbone et accélérant le réchauffement climatique. En Europe, les forêts méditerranéennes, déjà fragilisées, peinent à se régénérer.
Une mobilisation internationale nécessaire
Face à l'ampleur du phénomène, la coopération internationale s'organise. Des avions bombardiers d'eau canadiens ont été dépêchés en Grèce, tandis que l'Union européenne active son mécanisme de protection civile. Pour les experts, ces mesures restent insuffisantes : il faut investir dans la prévention et la gestion durable des forêts.
« Nous assistons à un changement de paradigme : les feux de forêt ne sont plus des événements exceptionnels, mais une composante permanente de notre environnement », explique Jean-Marc Pons, chercheur au CNRS, cité par Libération. Il appelle à une stratégie globale, combinant réduction des émissions de gaz à effet de serre et adaptation des territoires.
Alors que la saison des feux n'est pas terminée dans l'hémisphère nord, les autorités redoutent une année record. La prévention et la réponse rapide deviennent des enjeux de sécurité publique, imposant une révision des politiques d'aménagement du territoire.



