Les incendies de forêt qui ravagent l'Algérie depuis lundi ont fait au moins 90 morts, dont 33 militaires, selon un bilan communiqué par les autorités. Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé l'ouverture d'une enquête et l'organisation d'un débat national sur la prévention de ces catastrophes.
Un bilan humain lourd et des dégâts considérables
Les feux, qui se sont déclarés dans plusieurs régions du nord du pays, ont notamment touché la Kabylie, où la majorité des victimes ont été recensées. Outre les 33 soldats, les victimes sont principalement des habitants pris au piège par les flammes dans leurs villages. Les secours, mobilisés avec des moyens aériens, ont lutté toute la journée de mercredi pour maîtriser les foyers.
Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 100 foyers d'incendie ont été enregistrés, dont une quarantaine toujours actifs jeudi matin. Des milliers d'hectares de forêt sont partis en fumée, détruisant également des habitations et du bétail.
Tebboune promet des poursuites et un plan national
Dans une allocution télévisée, Abdelmadjid Tebboune a dénoncé des actes « criminels » et a promis que les responsables seraient « punis avec la plus grande sévérité ». Il a également annoncé la création d'une commission d'enquête pour déterminer les causes exactes des incendies, alors que des arrestations ont déjà eu lieu.
Le chef de l'État a en outre appelé à un débat national « sans tabou » sur la politique de prévention et de lutte contre les feux de forêt, afin de renforcer les moyens et d'éviter de nouveaux drames. Cette annonce intervient alors que l'Algérie est confrontée chaque été à des incendies dévastateurs, mais rarement avec un tel bilan.
Une mobilisation solidaire et des questions sur la gestion
La société civile s'est fortement mobilisée, avec des milliers de bénévoles apportant de l'aide aux sinistrés, notamment en Kabylie. Des collectes de sang et de dons ont été organisées dans plusieurs villes. Cette solidarité contraste avec la colère de certains habitants, qui dénoncent un manque de moyens et une réponse tardive des autorités.
Alors que le pays observe un deuil national de trois jours, les questions sur la gestion des risques et le réchauffement climatique refont surface. Le débat annoncé par le président Tebboune devra répondre à ces attentes, alors que les feux continuent de menacer plusieurs régions.
Les autorités appellent à la vigilance et rappellent que les températures élevées et les vents forts compliquent le travail des pompiers. La priorité reste la maîtrise des incendies en cours, avant d'engager les réparations et les réformes promises.



