Le film « Résurrection », du cinéaste chinois Bi Gan, sera diffusé ce samedi 29 août à 20h50 sur Ciné +Frisson. Cette fresque monumentale sur les rêves et les fantômes de la Chine, récompensée du Prix spécial du jury au dernier Festival de Cannes, se présente comme une sorte de remake sino-cinéphile d'« Inception » de Christopher Nolan.
Une fresque onirique au style affirmé
Le film, qui dure 2h40, met en scène un « voleur de rêves », conscience fantomatique de la Chine moderne, qui dérive à travers le XXe siècle. Avec Jackson Yee, Shu Qi et Mark Chao au casting, cette œuvre de science-fiction chinoise est également disponible à la demande sur myCANAL.
Le style très affirmé de Bi Gan, déjà remarqué pour « Un grand voyage vers la nuit » (2018), présenté en grande pompe sur la Croisette, se caractérise par une appétence pour les récits en arabesques, une boulimie de maestria visuelle et un gigantisme à tous les étages : durée fleuve, décors multiples et grandioses. Cette obsession de la performance pousse ses films vers un point de rupture où leur sophistication menace à tout moment de tourner à l'esbroufe.
Un esprit enfantin derrière la mégalomanie créative
Le film part sous de sombres auspices, mais trouve toutefois une manière de légèreté qui désembue son horizon. La mégalomanie créative de Bi Gan abrite un esprit résolument enfantin, prompt à reconfigurer cette fresque monumentale en un grand terrain de jeu foisonnant d'articulations souterraines et de veines fantaisistes, d'envolées lyriques et de saynètes foraines.
Un plan en début de film, dans une fumerie d'opium, illustre cette malice : une main géante d'un deus ex machina surgit comme pour corriger un détail. Ce geste témoigne de l'approche d'un cinéaste qui aborde le monde en laborantin déchaîné, plus enclin à se laisser porter par ses désirs les plus fous ou ses humeurs les plus volatiles qu'à imbriquer les pièces d'un grand puzzle métaphorique sentencieux.
Une exploration de l'âme noire de la Chine
C'est par le biais du jeu et au prix d'un enthousiasme presque immature que Bi Gan excave l'âme noire de son pays, ouatée par les ravages de l'opium, ensevelie sous les décombres de la Révolution culturelle, ou en collant aux basques d'une génération de millennials prématurément gagnés par le spleen. Le film a été récompensé du Prix spécial du jury au dernier Festival de Cannes, une reconnaissance de son ambition esthétique et narrative.



