Dans le quartier Méditerranée à Montpellier (Hérault), la végétalisation des rues offre un réel rafraîchissement aux riverains. Frank Plana, président de l'association Mare Nostrum, témoigne : « Il y a plus de cinq degrés d’écart entre ma chambre et celle du voisin. » Sa façade est recouverte de chèvrefeuilles, qui contribuent à abaisser la température ambiante.
Une initiative née en 2013
Tout a commencé en 2013, lorsque l'ancienne présidente de Mare Nostrum a proposé de végétaliser les rues. « Au début, ça n’avait rien à voir avec le climat », raconte Frank Plana. Après discussion avec la mairie et concertation des habitants, une centaine de plantations ont vu le jour en 2015. Le projet s'est pérennisé grâce aux « bons de végétalisation », financés par la Ville, qui permettent à chacun de rendre sa rue plus verte.
Un impact réel mais limité
Les plantes absorbent l'eau du sol et la rejettent dans l'air, réduisant ainsi l'îlot de chaleur urbain. La sélection végétale (microfleurissement, haie méditerranéenne, fleurs au pied d'arbre) est adaptée aux épisodes de sécheresse. Cependant, les résidents alertent : « Ce n’est pas le remède miracle ! » Lors des fortes chaleurs, comme les 42°C récents, beaucoup utilisent la climatisation. « S’ils faisaient trente degrés, la végétalisation pourrait nous suffire, mais là… Il faut l’accompagner d’autres mesures », ajoute Frank Plana.
Un dispositif en expansion
À Montpellier, 2 000 bons de végétalisation ont été utilisés depuis 2019, répartis dans toute la commune. « On a eu 271 demandes cette année, contre 250 en 2025. Tous les ans ça évolue », explique Colette Candaux, coordinatrice surnommée « Madame bon de végétalisation ». La Ville est ouverte à accompagner d'autres quartiers : « Si une association se monte et prend ça en main, nous on est ouvert pour les accompagner », répond-elle.
Vers une généralisation du végétal en ville
La municipalité souligne sa volonté de « ramener du végétal en ville », avec des mesures comme le plan 50 000 arbres. Une étude est prévue l'année prochaine pour mesurer concrètement l'impact du microfleurissement sur le réchauffement climatique.



