Un navire emblématique à quai
À l'occasion de son vingtième anniversaire, Sea Shepherd France organise trois jours d'événements à l'écosystème Darwin, à Bordeaux. L'un de ses navires, le « John Paul DeJoria », est exceptionnellement ouvert aux visiteurs. Amarré au ponton Ariane, sur les quais de Bordeaux, le « John Paul DeJoria » capte immédiatement l'attention. Sa silhouette massive, longue de 71 mètres, tranche dans le paysage urbain et attire le regard des passants. Le navire revient tout juste de Guyane, où il a participé à l'opération « Papillon » contre la pêche illégale. Quelques jours à peine après son arrivée, le 25 avril, il s'apprête déjà à accueillir du public.
Trois jours de rencontres et de sensibilisation
À l'occasion de ses 20 ans, Sea Shepherd France a choisi Bordeaux et le site de Darwin Écosystème pour organiser trois jours de rencontres, les 1er, 2 et 3 mai, entre conférences, projections et visites immersives. Fondée en 2006 par Lamya Essemlali, l'association mène des actions directes contre la pêche illégale, la destruction des habitats marins ou encore le massacre d'espèces protégées. Pour cet anniversaire, la militante sera présente aux côtés du capitaine Paul Watson à Darwin. Un lieu symbolique, soutenu de longue date par son fondateur Philippe Barre, notamment lors de l'arrestation de Paul Watson, il y a presque deux ans.
Une visite immersive à bord
À bord du navire, la visite s'effectue par petits groupes de huit personnes, pour une quarantaine de minutes. L'accès se mérite : escaliers raides, passages étroits, volumes contraints. Trois niveaux composent le bateau, dont le « lower deck », cœur de la vie collective. Cabines exiguës d'environ 6 m², cuisine compacte, salle commune animée où se mêlent jeux, fléchettes et guitares : ici, tout est pensé pour la vie en équipage. « C'est sportif de cuisiner, surtout quand il fait 35 degrés comme lors de notre dernière mission », raconte Damien Ladoux, coordinateur du groupe local de La Rochelle. Les cabines du capitaine et des officiers sont plus grandes que celles des matelots et ont leur propre douche.
Une vie en mer guidée par l'engagement
À bord, une vingtaine de bénévoles cohabitent, dont deux cuisiniers. Les repas, servis à heures fixes, rythment les journées et imposent une organisation collective stricte. « Il vaut mieux qu'il y ait une bonne ambiance », sourit Damien Ladoux, engagé depuis quatre ans. Informaticien freelance à terre, il enchaîne jusqu'à cinq missions par an en mer. « Ce qui m'a attiré, c'est l'action concrète. J'ai toujours fait de la voile et je voulais m'engager pour l'écologie. » Le filet de pêche a été récupéré par Sea Shepherd pendant leurs missions. Il est exposé aux visiteurs durant les trois jours de visite.
Sur le pont, entre deux interventions, la vie s'étire aussi en musique et en discussions, face à l'horizon. « C'est le meilleur endroit pour observer les dauphins », glisse-t-il, en désignant l'avant du bateau. Une observation qui rappelle l'un des combats majeurs de l'association dans le golfe de Gascogne, où de nombreux cétacés meurent piégés dans des filets de pêche.
Le « bridge », centre névralgique du navire
Dans la salle de pilotage, le « bridge », se prennent les décisions de navigation. Capitaine, officier et ingénieur font partie des rares postes salariés. Le reste de l'équipage est bénévole, à l'image d'une organisation qui revendique un engagement total. Même l'alimentation à bord est 100 % végane, en cohérence avec les valeurs défendues.
Un engagement qui dure
Entre mobilisation internationale et actions locales, Sea Shepherd France poursuit, depuis vingt ans, une ligne claire : intervenir directement pour protéger les océans. À Bordeaux, le temps d'un week-end, cette lutte s'ouvre au public, au plus près de ceux qui la vivent.



