Sécheresse et canicule : des effets durables sur la forêt française
Sécheresse et canicule : effets durables sur la forêt

La sécheresse et la canicule qui frappent actuellement la France auront des conséquences à long terme sur la forêt française, prévient une étude de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), publiée le 14 août 2026.

Des dépérissements massifs attendus

Selon les chercheurs de l'INRAE, les épisodes de sécheresse et de canicule de l'été 2026 pourraient entraîner des dépérissements massifs d'arbres dans les années à venir. L'étude indique que certaines essences, comme le chêne sessile et le hêtre, sont particulièrement vulnérables. Les scientifiques ont modélisé l'impact de ces stress hydriques sur la croissance des arbres et la mortalité des peuplements.

« Nous avons constaté que les arbres qui subissent un déficit en eau important pendant plusieurs années consécutives voient leur capacité de régénération diminuer fortement », explique Jean-Luc Dupouey, directeur de recherche à l'INRAE. « Cela peut conduire à des dépérissements qui s'étalent sur une décennie. »

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Des conséquences économiques et écologiques

Les conséquences ne se limitent pas à la santé des arbres. La filière forêt-bois, qui représente environ 440 000 emplois en France, pourrait être affectée par une baisse de la production de bois. De plus, les forêts jouent un rôle crucial dans la capture du carbone et la préservation de la biodiversité. Une dégradation de ces écosystèmes aurait des répercussions sur le climat et la faune.

L'étude souligne également que les forêts méditerranéennes et de plaine sont les plus exposées. Les projections climatiques indiquent une augmentation de la fréquence et de l'intensité des sécheresses, ce qui accentue la nécessité d'adapter les pratiques de gestion forestière.

Des pistes d'adaptation

Les chercheurs recommandent de diversifier les essences plantées et de favoriser les espèces plus résistantes à la sécheresse. Ils préconisent aussi une gestion plus souple des peuplements, en évitant les coupes rases qui exposent les sols. « Il faut anticiper ces changements pour préserver la multifonctionnalité des forêts », ajoute Jean-Luc Dupouey.

L'INRAE appelle à un suivi à long terme des forêts et à la mise en place de réseaux de surveillance. Des expérimentations sont déjà en cours dans plusieurs régions pour tester des essences alternatives. L'objectif est de maintenir les services écosystémiques rendus par la forêt, tout en assurant la pérennité de la filière bois.

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