L'ONG Sea Shepherd France affirme avoir identifié plusieurs sites en Méditerranée susceptibles d'accueillir un sanctuaire marin pour les dauphins et les deux orques de Marineland, mais elle garde leur localisation secrète tant que les collectivités concernées et l'État n'ont pas été informés. Selon Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, « on ne peut pas communiquer à l'heure actuelle sur les emplacements exacts ». L'équipe de l'ONG a passé au crible plus de 300 sites sur les côtes françaises, en Méditerranée, en Corse et sur l'Atlantique, et une dizaine répondrait aux principaux critères.
Des critères stricts pour un sanctuaire marin
Les critères retenus pour sélectionner ces sites sont nombreux et contraignants. Il faut notamment une profondeur comprise entre 12 et 40 mètres, une température de l'eau entre 9 et 30 degrés, une exposition limitée à la houle et au vent, une bonne qualité de l'eau, mais aussi tenir compte de la présence de ports, de zones militaires, du trafic maritime et des activités de pêche. « Les activités humaines très présentes sur le littoral français, notamment en Méditerranée, réduisent forcément les possibilités d'emplacement », souligne Lamya Essemlali.
Pour la présidente de l'ONG, certains sites pourraient néanmoins être aménagés, « notamment en déplaçant des zones de mouillage ». Cette approche permettrait d'ouvrir de nouvelles opportunités pour l'installation d'un sanctuaire, malgré les contraintes existantes.
Sea Shepherd attend un soutien politique
Sea Shepherd attend désormais un rendez-vous avec le cabinet de la ministre de la Transition écologique. « Nous avons été aussi loin qu'on peut aller sans le soutien du politique », estime Lamya Essemlali. L'ONG souhaite offrir une alternative aux transferts des animaux vers l'Espagne, alors que huit dauphins ont déjà été transférés en juillet dernier à Malaga et que quatre autres devraient rejoindre l'Oceanogràfic de Valence « d'ici la fin de l'année », selon le parc antibois.
Quant aux deux orques, Wikie et Keijo, Marineland souhaiterait les transférer au Loro Parque sur l'île de Tenerife, mais le dossier traîne. Face à la levée de boucliers des associations de protection animale en France, le Loro Parque souhaiterait une prise de position nette du gouvernement espagnol, qui tarde à venir. Il y a quelques jours, Mathieu Lefèvre, le ministre délégué à la Transition écologique, maintenait que l'Espagne était « la solution qui offre les meilleures conditions d'accueil ».
Un sanctuaire pourrait être opérationnel en 12 à 15 mois
Sea Shepherd réclame que les cétacés antibois restent sur place dans l'attente d'un sanctuaire. Selon l'association, une structure pourrait être opérationnelle en 12 à 15 mois après validation politique, avec un coût de construction débutant autour de deux millions d'euros. Cette option offrirait une solution alternative aux transferts vers l'Espagne, permettant aux animaux de rester en France.



