Le 14 mai, un moniteur de kite-surf a eu la chance d'observer une baleine au large de Saint-Pierre-la-Mer, dans l'Aude. Cette rencontre, déjà exceptionnelle par sa proximité avec la côte, s'est révélée être un événement doublement rare : il s'agit d'un rorqual boréal, une espèce quasiment jamais aperçue en Méditerranée.
Un double événement pour les spécialistes
Aurélien Guay, guide naturaliste spécialisé dans les mammifères marins de Méditerranée, basé entre l'Hérault et le Var, qualifie cette observation de "double événement". En effet, voir une baleine si près des côtes est déjà rare, mais dans 99,9 % des cas, il s'agirait d'un rorqual commun. Or, cette fois, il s'agit d'un rorqual boréal, extrêmement rare en Méditerranée.
Le rorqual commun, deuxième plus grosse baleine au monde après la baleine bleue, est abondant et fréquent en Méditerranée, mais il évolue généralement à 40 km des côtes, dans des zones de profondeur supérieure à 1 500 mètres. Il fait parfois des incursions dans les eaux peu profondes, ce qui aurait pu être le cas jeudi dernier. Cependant, les caractéristiques de l'animal observé ont permis de l'identifier comme un rorqual boréal.
Un rorqual boréal de 16 mètres
Le rorqual boréal, également appelé rorqual de Seil ou de Rudolpho, est la troisième plus grosse baleine au monde, pouvant atteindre 16 mètres et 20 tonnes. Selon les témoins, l'individu aperçu mesurait une dizaine de mètres. Cette espèce fréquente ponctuellement le sud du Portugal, mais ne fait normalement pas d'incursion en Méditerranée. Les spécialistes pensent que cela pourrait être lié à son alimentation, car elle préfère les poissons comme les anchois, les sardines et les harengs.
Reconnaître un rorqual boréal d'un rorqual commun nécessite un œil expert. La forme de l'aileron dorsal, haute et en forme de faucille, est caractéristique. De plus, lorsque l'animal plonge en profondeur, on peut voir simultanément les évents (narines) et l'aileron, ce qui n'est pas le cas chez le rorqual commun.
Une bonne nouvelle pour la biodiversité
Selon Aurélien Guay, cette observation est une bonne nouvelle, même si l'animal semblait un peu perdu. Il pourrait retrouver son chemin vers l'Atlantique. Cela montre également que les populations de baleines se portent plutôt bien en Méditerranée et en Atlantique.
La structure Découverte du vivant, dont fait partie Aurélien Guay, organise des sorties d'observation des mammifères marins depuis Sanary (Var), Carnon, Le Grau-du-Roi ou Argelès.



