Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig (Jacob Elordi), un pilote, vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine (Josh Brolin). Lorsqu'une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l'espoir qu'une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé. Avec « The Dog Stars », Ridley Scott signe une dystopie qui prend place dans un futur proche, où un aviateur, interprété par Jacob Elordi, cherche un havre de paix. Le film sort au cinéma le 26 août.
Une dystopie dans la lignée d'Alien et Blade Runner
À l'image d'Alien ou Blade Runner, The Dog Stars est une dystopie. Interrogé sur ce qui l'attire particulièrement dans ce genre, Ridley Scott explique : « Alien et Blade Runner participent effectivement à cette idée de dystopie. Aujourd'hui, nous sommes déjà en train d'imaginer des constructions sur Mars, notamment avec Elon Musk. Les êtres humains cherchent à augmenter leurs capacités, à modifier leur environnement et, potentiellement, leur propre génétique. »
Le réalisateur reste frappé par la vision de Stanley Kubrick dans 2001 : l'Odyssée de l'espace et par l'intelligence artificielle du film, HAL, qui est l'une des premières vues au cinéma. « C'est pour moi un parfait exemple de ce qui pourrait arriver si nous laissions l'IA aller trop loin. Nous sommes en train de créer quelque chose que nous ne maîtrisons pas forcément… »
Un parallèle avec Seul sur Mars et un rejet des zombies
Peut-on y voir un parallèle avec Seul sur Mars, réalisé par Scott en 2015 ? « Oui, ils sont assez similaires. Seul sur Mars, par exemple, avait été pensé comme un drame très tendu. Mais il y avait aussi cette idée de survie et de débrouillardise. Ce qui m'intéresse, c'est cette capacité à prendre une situation extrêmement difficile et à trouver une manière de continuer à vivre. » Le traitement est cependant ici plus réaliste, moins orienté science-fiction, avec des affrontements entre clans d'humains dans un monde dévasté.
Le cinéaste n'introduit pas d'infestés comme dans The Walking Dead ou The Last of Us. « Je suis fatigué des zombies. Plus de putain de zombies ! Arrêtez avec les zombies, ils sont devenus ennuyeux. Il faut trouver autre chose. » Il préfère penser à La Route (2009, de John Hillcoat, avec Viggo Mortensen). « C'est un film déprimant, mais aussi extrêmement bien fait. Ce qui m'intéresse, c'est la pression qui s'exerce sur nous aujourd'hui, politiquement, religieusement… La menace est constante. »
Le changement climatique, un défi gigantesque
Né en 1937, Ridley Scott a vécu une période où la peur de la guerre et de la bombe atomique était très présente. « J'ai grandi avec cette idée que tout pouvait disparaître. Aujourd'hui, nous sommes confrontés à d'autres formes d'insécurité. Les jeunes se demandent où ils vont, quel sera leur travail ou si aller à l'université a encore un sens… »
Interrogé sur le changement climatique, il déclare : « C'est un défi gigantesque, et c'est probablement celui que nous ne pourrons jamais totalement contrôler. Il faut agir. Mais il faut être lucide : nous serons très bientôt en 2035. Et je pense à mes enfants et aux générations qui viendront après nous… »
La nature occupe une place importante dans le film. « Malgré ce qui s'est passé, Hig, le personnage de Jacob Elordi, découvre ce qu'il reste. Il voit les choses merveilleuses qui ont survécu : les insectes, la nature et les traces laissées par ceux qui ont disparu. J'aime particulièrement cette idée de regarder ce qu'il reste plutôt que seulement ce qui a été détruit. »
Un bon Ridley Scott, sans être un grand
Selon la critique, entrer dans une salle de cinéma pour découvrir le nouveau Ridley Scott est toujours un moment à double tranchant. D'un côté, on espère assister à un nouveau classique comme Blade Runner, Gladiator, La Chute du faucon noir ou Alien. De l'autre, on reste sur ses gardes, encore marqué par les couacs d'À armes égales ou Une grande année. Sans être un grand Ridley Scott, cette adaptation du roman La Constellation du chien (2012) est un bon Ridley Scott qui parvient à capter l'intime dans une atmosphère post-apocalyptique.
Le rapport à la nature, source d'apaisement quand Hig survole ce monde au bord de l'extinction, est contrebalancé par la violence une fois qu'il met le pied à terre. Un personnage réservé, libre, façon mâle alpha, qui sied parfaitement à Jacob Elordi, lequel trouve ici l'un de ses meilleurs rôles. Dans la première partie, ses joutes verbales avec son ami, incarné par Josh Brolin, ne manquent pas de piquant et sont plus politiques qu'il n'y paraît. Malgré quelques morceaux de bravoure et une réalisation tenue, la deuxième heure pêche dans son scénario et son montage, avec des passages survolés, dont l'arrivée à Grand Junction, destination synonyme d'espoir pour les protagonistes, parmi lesquels on retrouve Margaret Qualley, un peu trop réduite au rang de faire-valoir.
The Dog Stars de Ridley Scott (États-Unis), avec Jacob Elordi, Margaret Qualley, Josh Brolin. Fantastique. 1 h 59. Notre avis 3/5.



