Faut-il arrêter de tirer les renards pour lutter contre les lapins dans l'Hérault ?
Renards contre lapins dans l'Hérault : le débat

Un débat oppose défenseurs des renards et chasseurs dans l'Hérault

Dans l'Hérault, la prolifération des lapins de garenne provoque des dégâts considérables sur les cultures, les talus ferroviaires et les infrastructures. Face à cette invasion, l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas 34) propose une solution naturelle : protéger davantage le renard, prédateur naturel du lapin. Mais les chasseurs estiment que cette mesure est insuffisante.

L'Aspas plaide pour une interdiction élargie du tir du renard

Christian Perrenot, codélégué héraultais de l'Aspas, explique que "plus de renards signifie moins de lapins". L'association a déjà obtenu l'arrêt du piégeage dans les zones les plus touchées, mais le tir reste autorisé pendant la chasse. "C'est un non-sens", regrette-t-il. L'année dernière, la préfecture a accordé une trêve estivale de trois mois dans certaines communes, mais Perrenot souhaite étendre l'interdiction à toutes les zones infestées et toute l'année.

Les chasseurs jugent la prédation insuffisante

Max Alliès, président de la fédération départementale des chasseurs, conteste cette approche. "Ce ne sont pas quelques renards qui vont régler le problème", affirme-t-il. Selon lui, des lâchers de renards ont déjà été tentés sans impact notable. La reproduction exponentielle des lapins, avec 5 à 7 portées annuelles, rend toute prédation naturelle inefficace. Il préconise des actions conjointes : destruction des galeries, piégeage et chasse.

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Un paradoxe : le lapin, espèce menacée ailleurs

Ironie de la situation, le lapin de garenne est classé "quasiment menacé" par l'Union internationale pour la conservation de la nature depuis 2017. Max Alliès souligne que des lapins capturés dans l'Hérault sont réintroduits dans d'autres régions où l'espèce a disparu, comme en Aveyron, Haute-Loire ou dans les Corbières après un incendie.

Les causes de la prolifération

La préfecture explique ce phénomène par plusieurs facteurs : les lapins ont acquis une immunité de groupe contre la myxomatose et la VHD, ils trouvent une nourriture abondante dans les cultures, et disposent de sols meubles pour creuser leurs terriers. De plus, les chasseurs se tournent davantage vers le grand gibier, réduisant la pression sur les lapins.

Un appel à la mobilisation générale

Fin mars, la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, a appelé tous les acteurs – agriculteurs, chasseurs, maires, gestionnaires d'infrastructures – à se mobiliser dans le cadre du "plan lapin". Elle rappelle que tous les outils réglementaires ont été déployés, mais que seule une action collective pourra endiguer cette nuisance.

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