La maladie qui touche les pins parasols dans la presqu'île de Saint-Tropez progresse rapidement, et le dépérissement gagne de nombreux secteurs, notamment à Ramatuelle. La situation est particulièrement préoccupante dans le quartier des Barraques, où de nombreux arbres sont déjà morts. Le phénomène concerne également les terrains du Conservatoire du littoral, dont le garde, Raymond Viala, confirme la gravité de la situation.
Abattage à partir de septembre au Conservatoire du littoral
« Sur cette parcelle en bord de route dont les pins sont morts, à partir de septembre, nous procéderons à l’abattage des arbres qui présentent un danger. En revanche, dans les autres secteurs, nous laisserons faire la nature dans le respect de la biodiversité », explique Raymond Viala. Pour lui, l'évolution est désormais difficile à enrayer : « la contamination des pins est aujourd’hui générale. En l’absence de traitement réellement efficace, leur mort est inéluctable sur l’ensemble du golfe de Saint-Tropez et même jusqu’à Saint-Raphaël ».
Cette disparition aura des conséquences sur le paysage. « Il faut dès maintenant réfléchir au remplacement des pins par des essences plus résistantes, non seulement aux maladies, mais aussi aux incendies », estime-t-il, avec une mise en garde : « les habitants doivent s’attendre à voir apparaître des constructions qui étaient jusqu’à présent masquées par les forêts de pins parasols ».
Les traitements de 2024 n'ont pas donné les résultats espérés
Sur le domaine communal, la Ville cherche aussi des solutions. En 2024, la commune avait procédé à des injections sur 130 pins sans résultat probant. « Les injections réalisées en 2024 n’ont pas été efficaces », reconnaît le maire Jean-Pierre Fresia. En 2025, des élagages sévères ont été réalisés sur certains arbres. Pour aller plus loin, une convention a été mise en place en 2026 avec la société VEGETECH. Elle doit permettre d’analyser des prélèvements effectués sur des pins malades afin de mieux déterminer leur état et d’évaluer les solutions de traitement envisageables.
Rémi Bossoutrot, responsable des actions engagées par la commune sur les pins malades situés sur le domaine communal, suit directement ce dossier. L’objectif est désormais de disposer de données précises avant d’engager de nouvelles dépenses. « Un budget sera proposé à la commune d’ici la fin du mois d’octobre pour le traitement des pins par des entreprises spécialisées », précise-t-il.
Ramatuelle prend les devants, mais les coûts sont élevés
Selon Rémi Bossoutrot, « la problématique n’a pas encore fait l’objet d’un dispositif général entre les différentes communes ». Ramatuelle a donc décidé de prendre les devants, en poursuivant ses propres expérimentations. La question de l’abattage constitue parallèlement une autre urgence. Un marché public sera lancé afin de procéder à l’élimination des pins déjà morts qui présentent un danger pour le public. Mais une fois les arbres abattus se pose une autre difficulté, celle de l’élimination des déchets, ajoutant une contrainte logistique et financière.
À côté des interventions publiques, certains propriétaires privés semblent avoir des résultats encourageants. C’est notamment le cas du Mas Paul Victor, situé dans le quartier particulièrement touché des Barraques. Le traitement par injection réalisé semble, à ce stade, donner d’excellents résultats. Une méthode qui présente toutefois un inconvénient majeur, son coût : il faudrait compter environ 800 euros par pin malade et par trimestre, soit une dépense considérable. Cette expérience privée pourrait néanmoins apporter des enseignements intéressants alors que les collectivités cherchent encore une réponse à la maladie.
Quel paysage demain ?
Ainsi la commune se trouve face à un véritable défi. La priorité immédiate reste la sécurité. La commune entend limiter les interventions afin de respecter la biodiversité. À plus long terme, c’est la question du renouvellement de la forêt qui se pose. Quelles essences planter ? Et surtout, comment reconstituer un paysage qui s’est construit au fil de plusieurs décennies ? La disparition progressive des pins parasols pourrait modifier durablement toute la presqu’île de Saint-Tropez.



