Quatre hommes ont été condamnés à des peines allant de 12 à 28 ans de prison au Pérou pour l'assassinat, en 2020, d'un défenseur de l'environnement, a annoncé la justice locale. Les faits remontent au 2 août 2020, lorsque Jorge Luis Zegarra Camacho, 54 ans, a été tué par arme à feu dans la région de La Libertad, dans le nord du pays.
Un procès pour meurtre et association de malfaiteurs
Les quatre accusés ont été reconnus coupables de meurtre et d'association de malfaiteurs. Le principal accusé, José Santos Paredes Cabanillas, a écopé de la peine la plus lourde, soit 28 ans de prison. Les trois autres, Segundo Manuel Paredes Cabanillas, Wilmer Joel Paredes Cabanillas et un quatrième homme identifié comme un mineur au moment des faits, ont été condamnés à des peines de 12 à 18 ans de prison.
Le tribunal a également ordonné le versement d'une indemnité de 100 000 soles (environ 25 000 euros) à la famille de la victime. Cette décision a été saluée par les organisations de défense des droits humains, qui y voient un signal fort dans un pays où les attaques contre les défenseurs de l'environnement sont fréquentes.
Un défenseur engagé contre les projets miniers
Jorge Luis Zegarra Camacho était un militant connu pour son opposition aux projets miniers dans la région. Il avait notamment participé à des mobilisations contre l'extension d'une mine d'or à ciel ouvert, considérée comme une menace pour les ressources en eau et les terres agricoles locales.
Selon l'ONG Global Witness, le Pérou est l'un des pays les plus dangereux pour les défenseurs de l'environnement en Amérique latine. En 2020, au moins 15 militants ont été tués dans le pays, souvent dans des zones minières ou forestières. Ce chiffre illustre la violence persistante à l'encontre de ceux qui luttent pour la protection des ressources naturelles.
Une condamnation saluée mais des inquiétudes persistent
Cette condamnation intervient après plusieurs années de procédure. La famille de la victime, soutenue par des associations locales, a exprimé sa satisfaction tout en appelant à ce que les commanditaires présumés soient également poursuivis. Dans un communiqué, l'ONG EarthRights International a déclaré : « Cette décision envoie un message clair : ceux qui attaquent les défenseurs de l'environnement devront répondre de leurs actes. »
Cependant, des inquiétudes demeurent quant à la protection des militants dans les régions reculées du Pérou. Les autorités locales ont annoncé le renforcement des mesures de sécurité pour les défenseurs de l'environnement, mais les organisations humanitaires réclament une application plus stricte de la loi et une enquête approfondie sur les réseaux criminels impliqués dans ces violences.



