Le pic de Vissou, à Cabrières, dans l'Hérault, est un site géologique d'exception. Surnommé le « mont à l'envers », il culmine à 482 mètres et présente des roches vieilles de près de 500 millions d'années. Sa particularité : les strates les plus anciennes se trouvent au-dessus des plus récentes, un phénomène dit en « écailles ».
Un site prisé des géologues depuis le XIXe siècle
À la fin du XIXe siècle et dans les années 1950, Cabrières, qui compte aujourd'hui 560 habitants, était un rendez-vous incontournable pour les amateurs de géologie. La Société géologique de France est venue à trois reprises gravir le pic de Vissou. Un hôtel des Géologues existait même, « même s'il ne disposait que de quatre chambres », tempère en riant Myriam Gairaud, la maire de la commune.
Cette singularité géologique est due à la tectonique des lieux, explique Richard Cullié, viticulteur et président des caves de l'Estabel. Les roches de l'ère Primaire ont subi d'importants bouleversements lors de la formation de la chaîne hercynienne, avec des plissements et des fractures au fil des millénaires.
Des mines de cuivre exploitées depuis le Néolithique
Cabrières ne se distingue pas seulement par ses dépôts marins. Le site est également réputé pour ses mines de cuivre, exploitées par les hommes depuis le Néolithique. Il y a un an et demi, les bénévoles de l'Association des amis de Cabrières (Acac) ont mis au jour un atelier de métallurgie datant du Ier siècle avant J.-C.
« Mais l'exploitation du cuivre a duré jusque dans les années 1960 », précise Jean Miquel, vigneron, membre de l'Acac et archéologue à ses heures perdues. La mine de Pioch Farrus, découverte en 1983 et datant du Néolithique final, en est le témoignage le plus éclatant.
Un projet de valorisation pour faire vivre le territoire
La municipalité et les bénévoles de l'Acac souhaitent valoriser ce patrimoine exceptionnel et ouvrir la mine de Pioch Farrus au public. « D'autant qu'elle est dans un excellent état de conservation. Il s'agit de faire connaître aux gens notre histoire et faire vivre notre territoire », appuie la maire Myriam Gairaud, elle aussi viticultrice.
En attendant les financements nécessaires, les fouilles se poursuivent. Ce site fascine d'ailleurs les scientifiques du monde entier, comme en témoigne la découverte de fossiles vieux de 470 millions d'années à Cabrières, qui a suscité un vif intérêt dans la communauté scientifique.



