En Tunisie, l'industrie du phosphate prive les habitants d'eau
Phosphate en Tunisie : les habitants privés d'eau

Dans le sud-ouest de la Tunisie, l'industrie du phosphate, pilier de l'économie nationale, prive les habitants de l'accès à l'eau potable. Selon une enquête de Libération, publiée le 26 août 2026, les compagnies d'extraction de phosphate consomment des quantités massives d'eau, laissant les communautés locales sans ressource suffisante pour leurs besoins quotidiens.

Une ressource naturelle sous pression

La région, connue pour ses gisements de phosphate, est confrontée à une pénurie d'eau chronique. Les habitants, qui dépendent de l'agriculture et de l'élevage, voient leurs puits se tarir et leurs terres se dégrader. L'industrie extractive, qui utilise l'eau pour le traitement du minerai, aggrave la situation en pompant les nappes phréatiques locales.

Selon les données recueillies par Libération, les usines de traitement de phosphate consomment environ 200 litres d'eau par tonne de minerai traité. Cette consommation massive, combinée à une gestion inefficace des ressources, a conduit à une baisse significative du niveau des nappes souterraines dans la région.

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Des conséquences directes sur la vie quotidienne

Les habitants de la région, notamment dans les zones rurales, sont contraints de parcourir de longues distances pour trouver de l'eau potable. Les femmes et les enfants sont particulièrement affectés, consacrant plusieurs heures par jour à cette tâche. Les cultures locales, comme les olives et les céréales, souffrent également du manque d'eau, menaçant les moyens de subsistance de nombreuses familles.

Un habitant de la région, cité par Libération, témoigne : « Nous n'avons plus d'eau pour nos besoins quotidiens. Les entreprises de phosphate prennent tout, et nous n'avons rien. » Ce témoignage reflète le sentiment d'abandon ressenti par les communautés locales, qui se sentent délaissées par les autorités.

Un secteur économique crucial mais controversé

L'industrie du phosphate représente une part importante de l'économie tunisienne, générant des revenus significatifs pour l'État. Le pays est l'un des plus grands exportateurs de phosphate au monde, avec une production annuelle d'environ 8 millions de tonnes. Cette activité économique est essentielle pour l'emploi et les recettes publiques, mais elle se fait au détriment de l'environnement et des populations locales.

Les autorités tunisiennes, conscientes de l'importance de ce secteur, tentent de trouver un équilibre entre développement économique et protection des ressources naturelles. Cependant, les mesures prises jusqu'à présent semblent insuffisantes pour répondre aux besoins des habitants, qui réclament une gestion plus durable de l'eau.

Des solutions envisagées pour l'avenir

Face à cette crise, des solutions sont envisagées, notamment la réutilisation des eaux usées traitées dans les processus industriels et l'amélioration des techniques d'extraction pour réduire la consommation d'eau. Des projets pilotes sont en cours dans certaines régions, mais leur mise à l'échelle reste un défi.

Les habitants, de leur côté, espèrent que les autorités prendront des mesures concrètes pour garantir leur accès à l'eau. Ils demandent une transparence accrue sur les activités des compagnies de phosphate et une participation des communautés locales dans les décisions concernant la gestion des ressources.

Alors que la Tunisie fait face à une sécheresse récurrente, la question de la répartition de l'eau devient cruciale. L'industrie du phosphate, bien que vitale pour l'économie, doit trouver des moyens de coexister avec les besoins des populations locales. Selon Libération, cette situation illustre les défis auxquels le pays est confronté pour concilier développement industriel et préservation des ressources naturelles.

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