Ours bruns : explosion des conflits avec l'homme en Grèce et au Japon
Ours bruns : conflits croissants avec l'homme en Grèce et au Japon

Dans plusieurs pays, les confrontations entre les ours bruns et les habitants deviennent de plus en plus fréquentes et problématiques. Dans le nord de la Grèce, dans la région frontalière entre l'Albanie et la Macédoine-du-Nord, leur population a doublé en six ans. En 2025, quelque 900 ours ont été recensés par les autorités grecques.

À plusieurs milliers de kilomètres, c'est au Japon que l'ours sème la panique. Depuis le 1er avril, au moins cinq personnes ont été tuées dans la région du Tohoku, au nord, après un nombre record de 13 attaques mortelles en 2025, selon le ministère de l'Environnement. Des signalements de présence d'ours dans les parcs, les commerces ou à proximité des écoles sont relayés quotidiennement. Pour recenser les plantigrades, 800 caméras vont être installées dans les montagnes du nord.

Les causes de la multiplication des ours

En Grèce, les ours se sont multipliés notamment grâce à l'interdiction de la chasse et aux politiques de protection de l'espèce. Au Japon, des scientifiques évoquent aussi une augmentation de la population. Mais cela n'est pas le seul facteur qui explique cette hausse des « conflits » entre humain et ursidés.

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« Certains en déduisent immédiatement une augmentation de la population d'ours ; d'autres pensent que les activités humaines en sont responsables. La situation est souvent plus complexe », avance le Groupe de spécialistes des ours (Bear Specialist Group, BSG), affilié à l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), sur son site internet.

Un territoire réduit par l'urbanisation

Plusieurs facteurs contribuent à transformer le comportement du mammifère, notamment la répartition des populations humaines. L'urbanisation, l'évolution des pratiques agricoles, l'exploitation de la nature… Autant d'activités qui empiètent sur le territoire de l'ours ou sur la qualité de son habitat, diminuant ses ressources alimentaires naturelles. Les animaux sont contraints de vivre de plus en plus près des humains. À contrario, la désertification de certaines zones rurales contribue à l'agrandissement du territoire de l'ours, moins dissuadé par la présence humaine.

Une dépendance à la nourriture humaine

De cette dégradation de leur habitat découlent de nombreuses problématiques, dont la nourriture. L'ours a besoin d'ingurgiter une quantité importante de calories, surtout en sortie d'hibernation. Faute de ressources naturelles suffisantes, il va se tourner vers la nourriture humaine, jusqu'à une certaine dépendance pour certains. En Grèce, plusieurs générations d'ours ont pris l'habitude de trouver plus facilement une nourriture abondante à proximité des zones habitées, souligne Alexandros Karamanlidis, directeur de Arcturos, un sanctuaire de protection pour ces animaux, cité par l'AFP.

« À mesure que la qualité des habitats se détériore, la disponibilité alimentaire diminue et devient plus irrégulière, incitant les ours à rechercher des aliments d'origine humaine ; ce qui entraîne des conflits et, par conséquent, une mortalité accrue des ours », note le BSG dans son rapport sur les menaces pesant sur les ours, publié fin juin.

Des « superprédateurs » ?

Mi-juin, à l'initiative de la Roumanie et de la Slovaquie, cinq pays européens ont lancé une offensive pour réduire la protection des ours bruns en Europe, présentés comme des « superprédateurs ». Bucarest estime sa population d'ours à environ 11 500 individus et affirme que les attaques de l'animal ont causé la mort de 14 personnes et fait plus de 150 blessés graves au cours des cinq dernières années. En Slovaquie, environ 2 500 ours cohabitent avec la population. En cinq ans, quatre personnes sont mortes et 64 ont été blessées. L'initiative intéresse d'autres pays comme la Finlande, où 2 600 individus ont été recensés selon les autorités.

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Ces pays veulent suivre l'exemple du loup, passé d'espèce « strictement protégée » à « protégée » en 2025, ce qui facilite les possibilités d'abattage. Pour une meilleure cohabitation, le BSG défend des programmes et des méthodes pour « atténuer » l'impact des rencontres entre l'homme et l'ours en éduquant les populations, en évitant de laisser de la nourriture à l'extérieur ou en la stockant dans des bacs spécialisés, en installant des clôtures pour protéger les cultures ou encore grâce aux chiens de chasse pour protéger le bétail.