Le gouvernement princier a dévoilé le 14 juillet l'étude « Renaturer la Ville », un plan directeur pour le paysage et la biodiversité de la Principauté, élaboré par le cabinet Grant Associates. Parmi ses innovations les plus insolites figurent les « monacolithes », de véritables falaises de poche destinées à ramener la faune et la flore au cœur de l'espace urbain monégasque.
Une famille d'interventions paysagères structurelles
Derrière ce néologisme se cache une véritable famille d'interventions paysagères structurelles, pensées sur mesure pour donner une nouvelle identité visuelle et écologique à la Principauté. Loin du simple mur végétal, il s'agit de totems de nature méditerranéenne et d'objets vivants disséminés dans l'espace urbain. L'inspiration première de ces installations verticales et minérales puise directement dans l'ADN géologique du territoire, en imitant les falaises calcaires si caractéristiques du paysage monégasque pour y reconstituer des habitats écologiques.
Le cabinet Grant Associates ne s'est pas contenté d'un modèle unique, mais a décliné le concept à travers plusieurs typologies aux fonctions bien spécifiques. Certaines de ces structures prendront la forme de parois rocheuses naturelles classiques, tandis que d'autres seront conçues sur mesure pour offrir une expérience totalement immergée aux piétons qui les côtoient.
Des structures pensées pour la biodiversité et l'innovation
La biodiversité étant au centre de la démarche, des monacolithes cibleront spécifiquement l'accueil de certaines espèces animales, à l'image de structures taillées pour devenir le refuge idéal des lézards. L'innovation technologique s'invite également dans ce projet, avec l'utilisation envisagée de calcaire artificiel « Blue Planet » imprimé en 3D pour façonner des parois rocheuses artificielles inédites. Enfin, le front de mer n'est pas oublié puisqu'une déclinaison maritime a été spécialement pensée pour favoriser le développement des lichens marins.
Parallèlement à ces structures dressées, l'étude prévoit de transformer certains ascenseurs publics urbains en monacolithes végétalisés, leur conférant ainsi un rôle inédit de sanctuaire pour la faune.
Un maillage écologique et pédagogique pour la ville
Ces balises vertes agiront comme de véritables marqueurs pour les emplacements clés de la ville, tout en servant de dispositifs d'orientation pour les promeneurs. L'étude suggère leur implantation sur de nombreux nœuds de circulation majeurs. Les passants pourraient ainsi les croiser à l'entrée du Jardin exotique pour souligner la transition paysagère, ou en plein cœur du parvis restructuré de la chapelle Sainte-Dévote. D'autres sont imaginés pour sublimer la nouvelle entrée sud du parc Princesse-Antoinette ou encore le long de la terrasse du Fairmont Monte-Carlo Star afin d'y renforcer l'ambiance nocturne et maritime.
En abritant une flore indigène et des espèces clés propres aux Habitats Prioritaires Européens identifiés à Monaco, ces structures répareront la trame écologique urbaine. Au-delà de leur fonction purement environnementale, l'objectif affiché est de susciter la curiosité et l'émerveillement des passants, en provoquant des interactions fortuites avec la nature pour mieux sensibiliser le public à son environnement.
Comme le reste du plan « Renaturer la Ville », il faut néanmoins rappeler qu'il s'agit d'une vision directrice, en attendant de voir comment les futurs projets immobiliers et d'aménagement public s'empareront de ces totems pour les faire sortir de terre.



