Les mollusques en première ligne face à l'exploitation minière sous-marine
Une étude publiée dans la revue Nature Communications le 9 juillet 2025 alerte sur les conséquences de l'exploitation minière des grands fonds marins. Selon les chercheurs, 70% des espèces de mollusques vivant dans les zones de nodules polymétalliques sont menacées d'extinction. Ces zones, situées à des profondeurs de 4 000 à 6 000 mètres, sont convoitées pour leurs ressources en métaux rares.
Des données chiffrées alarmantes
L'étude, menée par une équipe internationale dirigée par le Dr. Lisa Levin de l'Institut océanographique Scripps, a analysé 150 espèces de mollusques dans la zone de Clarion-Clipperton, dans l'océan Pacifique. Les résultats montrent que 105 de ces espèces pourraient disparaître si l'exploitation minière se développe sans régulation. "C'est une perte de biodiversité sans précédent, comparable à ce que nous observons dans les forêts tropicales", a déclaré le Dr. Levin.
Un écosystème fragile et méconnu
Les mollusques jouent un rôle crucial dans les écosystèmes des grands fonds, participant au cycle des nutriments et servant de nourriture à d'autres espèces. L'exploitation minière, qui consiste à collecter les nodules polymétalliques sur le plancher océanique, détruit leur habitat et soulève des sédiments qui peuvent étouffer les organismes. "Ces environnements mettent des décennies, voire des siècles, à se régénérer", souligne le co-auteur Dr. Adrian Glover du Natural History Museum de Londres.
Un appel à une régulation stricte
Les scientifiques appellent les gouvernements et l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) à instaurer un moratoire sur l'exploitation minière en eaux profondes. "Nous avons besoin de zones protégées et d'une évaluation rigoureuse des impacts avant toute activité", insiste le Dr. Levin. L'étude intervient alors que l'AIFM doit se réunir en juillet 2025 pour discuter des règles d'exploitation.
Des conséquences au-delà des mollusques
La menace ne se limite pas aux mollusques. L'étude prévient que d'autres espèces, comme les poissons et les coraux d'eau froide, sont également vulnérables. "Les grands fonds marins sont le dernier refuge de la biodiversité sur Terre, et nous risquons de le perdre avant même de le connaître", conclut le Dr. Glover.



