Un séminaire d’une importance capitale s’est tenu la semaine dernière à Montpellier, sur le thème « Variétés, races et langues menacées : quels futurs possibles ? ». Loin du tumulte médiatique qui entoure souvent les grands événements internationaux, cette rencontre savante et scientifique a marqué une première dans le paysage académique. L’originalité résidait dans son approche interdisciplinaire, reliant l’étude des menaces pesant sur la biodiversité animale et végétale à celles qui pèsent sur la diversité linguistique.
Un séminaire pionnier pour des patrimoines vivants
Ce séminaire a rassemblé des agriculteurs, des chercheurs, des étudiants, des associations, des artistes et des organismes publics autour d’une réflexion commune sur les patrimoines vivants en danger. La qualité des organisateurs a contribué à faire de cet événement un moment fort. On comptait notamment l’INRAe (Institut national de recherche agronomique et écologique), Agropolis International, la communauté scientifique Octaave, ainsi que le PEN Occitan. Ce dernier, branche occitane du prestigieux PEN Club international fondé en 1921, est une ONG d’écrivains reconnue par l’UNESCO et le Conseil de l’ONU, dédiée à la défense de la liberté d’expression et des échanges culturels mondiaux. Son président, Jean-Frédéric Brun, est un écrivain d’oc de renom.
Des exemples concrets de liens entre diversités
De nombreuses études ont été présentées et discutées, illustrant concrètement les connexions entre diversités végétales, animales et linguistiques. Par exemple, une recherche d’un scientifique québécois a démontré un lien étroit entre les variantes génétiques du sorgho et les familles de langues en Afrique. Une demi-journée intitulée « Sème les mots, Parle la diversité » a également mis en lumière les dimensions culturelles de ces enjeux.
Le Manifeste de Montpellier : une première mondiale
De ce bouillonnement savant et joyeux est née l’idée d’une proclamation : « Le Manifeste de Montpellier ». Ce texte vise à marquer cette avancée et à impulser une dynamique de recherche et d’action pour protéger les diversités menacées. Il s’agit du premier manifeste au monde à lier explicitement diversité linguistique et agrobiodiversité. Ce document ouvre la voie à de nombreuses actions futures et à une sensibilisation accrue de l’opinion publique sur l’importance de la diversité des façons d’habiter, de comprendre et de transmettre le monde.
Comme le soulignent les organisateurs, la perte massive de diversité est un enjeu planétaire, et l’alliance entre science et culture est indispensable pour y faire face. Ce séminaire a posé une première pierre, prometteuse pour l’avenir.



