L'association Les Résilients, créée en 2022 et reconnue d'intérêt général, développe un réseau agroécologique dans le Var en formant les agriculteurs, en accompagnant les collectivités et en créant des liens entre les acteurs locaux. Basée au Luc, la structure pilote notamment un modèle économique agricole contributif et régénératif avec 15 agriculteurs varois, à l'échelle nationale.
Une association dédiée à l'agroécologie dans le Var et au-delà
Présidée par Stéphan Reinig, l'association est dédiée « au développement de l'agroécologie, quelles que soient les filières, les pratiques, les typologies d'exploitations, principalement dans le Var, mais aussi dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes ». Elle est référencée par des instances nationales et propose des formations complémentaires à celles existantes, une expertise qualifiée et un accompagnement individuel au plus près des exploitations.
« Cela intègre aussi le modèle économique, nous sommes pilotes à l'échelle nationale, avec 15 agriculteurs varois pour prototyper un modèle économique agricole contributif et régénératif », précise Stéphan Reinig.
Des actions concrètes : haies, hydrologie, pépinières
L'association mène de front une multitude d'actions locales : plantations de haies avec les écoles, développement de l'hydrologie régénérative « avec des solutions d'aménagements souples et agiles, peu coûteuses, basées sur la nature », création d'une pépinière participative au Cannet et d'un collectif de pépiniéristes en plants agroforestiers, replantation de chênes liège et de châtaigniers, organisations d'événements et de conférences, études des sols avec le Grec Sud.
L'alternance de cultures maraîchères, légumineuses, arboricoles sur différentes rangées et hauteurs est historique en Provence. « On appelait ça des oullières, et toutes les familles et les paysans cultivaient leurs terres ainsi », rappelle l'association.
Un message de responsabilité et d'espoir
Séverine Cachod, vice-présidente des Résilients, insiste : « Il ne s'agit pas de donner des leçons à qui que ce soit. Si le modèle agricole productif s'est développé après guerre, ce n'est pas sans raison : il fallait nourrir la population, en urgence. Il serait irresponsable de reprocher aux agriculteurs quoi que ce soit d'un point de vue sociétal. »
« C'est d'ailleurs une de leurs caractéristiques, d'être capables de changer leurs pratiques dans des temps très courts, et de manière drastique. Ils sont souvent injustement pointés du doigt, aujourd'hui, et le virage de l'agroécologie participera aussi à la revalorisation de leur image. Leur mission est essentielle : ils produisent du vivant, au service du plus grand nombre », résume-t-elle.
Les Résilients raisonnent en écosystème : « tous les agriculteurs avec qui nous travaillons, tous nos projets, tous nos partenaires sont liés entre eux, chacun constitue une petite partie de cette vaste chaîne. Il s'agit de créer du lien, de mettre en place des cercles vertueux, c'est d'autant plus important qu'il y a de moins en moins d'argent public. Et il faut bien sûr entretenir des perspectives positives dans ce monde morose. On parle quand même de l'habitabilité de la planète. Cela peut sembler utopiste, mais tous les grands changements de société ont été réalisés par des gens que l'on pensait un peu dans un premier temps à la marge... »



