L214 porte plainte contre l'abattoir de Perpignan
L214 porte plainte contre l'abattoir de Perpignan

L'association de protection animale L214 a annoncé, mercredi 26 août, avoir porté plainte contre l'abattoir de Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour maltraitance animale. Cette action fait suite à la diffusion d'images filmées en caméra cachée par une enquêtrice de l'association, montrant des actes de cruauté envers les animaux dans cet établissement.

Des images choc diffusées par L214

Les images, tournées entre mars et juin 2026, montrent des employés de l'abattoir frappant des animaux, les soulevant par les oreilles ou la peau, et utilisant des méthodes d'étourdissement non conformes. Selon l'association, ces pratiques sont en violation de la réglementation européenne et française sur la protection des animaux au moment de leur abattage.

Dans un communiqué, L214 affirme que « les animaux arrivent conscients dans la chaîne d'abattage, malgré les obligations légales de mise à mort immédiate après étourdissement ». L'association précise que les faits ont été constatés lors de plusieurs visites effectuées par son enquêtrice, qui a pu filmer des scènes de maltraitance dans les couloirs de l'établissement et à proximité des postes d'abattage.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une plainte pour actes de cruauté et manquements aux règles

La plainte a été déposée auprès du procureur de la République de Perpignan. Elle vise des faits de « mauvais traitements envers un animal », délit passible de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, ainsi que des manquements aux règles sanitaires et aux conditions d'abattage. L214 demande également la suspension de l'activité de l'abattoir jusqu'à la mise en conformité des lieux.

L'association souligne que l'abattoir de Perpignan, qui traite environ 10 000 tonnes de viande par an, est l'un des plus importants du sud de la France. Elle rappelle que des inspections officielles avaient déjà relevé des non-conformités dans cet établissement, mais que des mesures correctives n'avaient pas été suffisamment suivies d'effets.

Réactions des autorités et de la direction de l'abattoir

La direction de l'abattoir, contactée par l'Agence France-Presse, a indiqué « prendre connaissance des faits » et a annoncé avoir ouvert une enquête interne. Elle affirme que « la majorité des pratiques dénoncées ne correspondent pas aux procédures en vigueur dans l'établissement » et que des sanctions seront prises à l'encontre des employés fautifs, si les faits sont confirmés.

De son côté, la préfecture des Pyrénées-Orientales a indiqué que des contrôles vétérinaires avaient été renforcés sur le site depuis la diffusion des images. Les services de l'État ont également saisi la direction départementale de la protection des populations (DDPP) pour mener une enquête administrative.

Cette affaire relance le débat sur les conditions d'abattage en France. Selon un rapport du ministère de l'Agriculture publié en 2025, plus de 20 % des abattoirs français présentent des non-conformités majeures lors des contrôles. L214 appelle à une réforme du système d'inspection et à la généralisation de la vidéosurveillance dans les abattoirs, une mesure déjà proposée par le gouvernement mais non encore généralisée.

Une procédure judiciaire en cours

Le parquet de Perpignan a confirmé avoir reçu la plainte et a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire. Les investigations seront menées par la brigade de gendarmerie de Perpignan, qui devra entendre les témoins et analyser les images tournées par L214. L'association indique que d'autres plaintes pourraient être déposées si de nouvelles preuves de maltraitance étaient découvertes.

En attendant, L214 demande aux consommateurs de « ne plus acheter de viande provenant de cet abattoir » et appelle à la mise en place d'un plan d'action national pour garantir le bien-être animal dans toutes les filières. L'association précise que son enquête a été menée dans le cadre de sa mission de surveillance des lieux d'abattage, qui l'a déjà conduite à porter plainte dans plusieurs autres établissements en France.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale