Le futur chantier de l'Hôpital commun du Sud-Aveyron, dont la livraison est prévue en 2030 à Saint-Georges-de-Luzençon, entraînera la disparition de zones d'habitat et de reproduction pour l'alouette des champs et l'alouette lulu, ainsi que la suppression de gîtes pour les chauves-souris arboricoles. Face à cette situation, les élus de Millau Grands Causses, réunis en conseil communautaire le mercredi 1er juillet, ont adopté la mise en place de mesures compensatoires pour préserver ces espèces.
Des parcelles sanctuarisées pour la biodiversité
À la demande des services de l'État, notamment de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal), la Communauté de communes a recherché des terrains susceptibles d'accueillir ces mesures. Les élus ont ainsi voté la préservation de deux parcelles appartenant à Millau Grands Causses, d'une superficie totale de plus de 65 000 m², situées à proximité du futur établissement hospitalier. Ces terrains ne pourront être ni cédés ni recevoir une autre affectation, afin de répondre durablement aux obligations environnementales du projet.
"Ces parcelles permettront de recréer des milieux favorables aux deux espèces d'alouettes et d'assurer des zones de gîte pour les chauves-souris arboricoles, conformément aux demandes de la Dreal", a expliqué le président de la Communauté de communes, Christophe Saint-Pierre.
Des impacts liés aux hélistations
Les travaux entraîneront notamment la disparition de zones d'habitat et de reproduction pour l'alouette des champs et l'alouette lulu, deux espèces qui fréquentent les milieux agricoles et les friches. La création des cônes d'hélistation, qui garantissent un espace dégagé autour des trajectoires d'atterrissage des hélicoptères, impose également l'étêtage des arbres environnants, supprimant ainsi des gîtes utilisés par les chauves-souris arboricoles.
Des abstentions lors du vote
La délibération n'a pas fait l'unanimité. Alain Nérac, vice-président chargé de la protection animale, s'est abstenu. "Virer des oiseaux d'un endroit pour les mettre ailleurs ne me semble pas possible", a-t-il estimé. Même position pour Dalila Belaïd Artis, élue du groupe L'Alternative de gauche de Millau, qui a rappelé son opposition au choix d'implanter le futur hôpital à l'extérieur de Millau. En réponse, Christophe Saint-Pierre a défendu le projet : "Il faut avoir la capacité de mesurer les choses. Ce chantier est destiné à la construction et à la réalisation d'un hôpital."
Un investissement de près de 100 millions d'euros
Prévu sur une surface de plus de 18 000 m² répartis sur trois niveaux, le futur Hôpital commun du Sud-Aveyron représente un investissement de près de 100 millions d'euros, dont environ la moitié consacrée à la construction du bâtiment. Le Département de l'Aveyron financera par ailleurs à hauteur de 30 millions d'euros les aménagements routiers nécessaires à la desserte du site.



