Depuis 2023, la Garde régionale marine, présentée par la Région Sud comme un « dispositif unique en France », renforce la protection de la Méditerranée et de ses écosystèmes. Pour l'été 2026, 30 jeunes agents saisonniers ont été déployés sur une large partie du littoral régional. Leur mission : sensibiliser les usagers de la mer et veiller au respect des règles dans les Aires marines protégées (AMP).
Une présence de terrain au service des AMP
Les 30 gardes sont répartis entre 18 structures gestionnaires partenaires. Ils sillonnent les côtes en binôme, à pied ou en mer, pour aller à la rencontre des plaisanciers. Leur objectif est de rappeler les bons comportements, expliquer les enjeux liés à la préservation du milieu marin et signaler, si nécessaire, les attitudes à risque.
Derrière cette présence de terrain, trois objectifs sont visés : soutenir l'animation et la gestion des Aires marines protégées, renforcer la surveillance des plans d'eau, notamment dans les secteurs soumis à de fortes pressions, et contribuer au suivi scientifique ainsi qu'à l'amélioration des connaissances sur les écosystèmes marins.
Une « passion en commun » chez les jeunes gardes
Pour cette saison 2026, la Région Sud consacre près de 77 000 euros au dispositif. Georges Botella, conseiller régional et président du Syndicat mixte du Grand Site de l'Estérel, souligne : « Préserver notre environnement est primordial. Et faire travailler les jeunes aussi, tout en leur permettant d'avoir une expérience utile pour leur parcours futur. » Il ajoute : « D'ailleurs, on devrait avoir encore plus de gardes régionaux. »
À Saint-Raphaël, Charline, Nina et Lenny, âgés de 20 à 24 ans, ont passé leur été à arpenter le littoral. Tous trois suivent des cursus universitaires en lien avec le milieu marin. « On a cette passion en commun, c'est indispensable pour prendre à cœur ce qu'on fait », expliquent-ils.
Des patrouilles et des échanges sur le port de Santa Lucia
Pendant plusieurs semaines, ils ont multiplié les patrouilles dans les calanques, sur les pontons et en mer. Leur méthode est simple : privilégier le dialogue. Ce jeudi 27 août, sur le port de Santa Lucia, ils ont abordé deux hommes installés dans leur bateau pour s'entretenir longuement avec eux. « On patrouille en mer mais aussi à pied. Le but est d'aller à la rencontre des plaisanciers pour les informer sur la campagne Écogestes », détaillent-ils.
Les sujets abordés sont nombreux : déchets, consommation d'eau, ancrage, pêche de loisir, pollution sonore. Une attention particulière est portée à la posidonie, cette plante marine essentielle à l'équilibre des écosystèmes méditerranéens, particulièrement vulnérable aux mouillages.
Un message bien accueilli par les plaisanciers
Entre juillet et août 2026, quelque 300 plaisanciers ont été sensibilisés dans le secteur. Julia Toscano, responsable adjointe de l'Observatoire marin de l'Estérel, explique : « En été, l'accroissement de la population nécessite une sensibilisation accrue des usagers pour préserver les espaces marins et littoraux. »
Le message semble bien accueilli. « Je ne me doutais pas que les gens étaient si intéressés par l'écologie. Souvent, ce sont même eux qui viennent vers nous pour nous poser des questions », raconte l'un des jeunes gardes. À quelques jours de la fin de leur mission, ils ne regrettent rien : « On a beaucoup appris. C'est très valorisant de mener ce genre d'action, et aussi très formateur », assurent-ils.
Le temps d'un été, ces jeunes auront troqué les bancs de l'université pour le terrain, les cours pour les calanques et les manuels pour les échanges avec les plaisanciers. Car protéger la Méditerranée ne se joue pas seulement au large : cela commence aussi, chaque jour, par une rencontre, une explication et un geste de plus pour préserver la mer.



