Emballages : objectifs européens amoindris par le lobbying
Emballages : objectifs européens amoindris par le lobbying

La réglementation européenne sur la réduction des emballages entre officiellement en vigueur, mais son ambition a été considérablement réduite à la suite d'une intense campagne de lobbying menée par l'industrie. Ce texte, initialement conçu pour réduire drastiquement les déchets d'emballages, se voit finalement doté d'objectifs plus modestes, reflétant les compromis arrachés par les lobbies industriels.

Une entrée en vigueur sous conditions

Le règlement, adopté après des années de négociations, fixe des objectifs de réduction des emballages par rapport à 2018. Cependant, les chiffres finaux sont inférieurs à ceux initialement proposés par la Commission européenne. Selon les informations rapportées par Le Monde, la pression exercée par les industriels a conduit à des exemptions et des délais supplémentaires, notamment pour les emballages en plastique à usage unique.

L'industrie de l'emballage, représentée par des fédérations puissantes, a mené une campagne de lobbying intense auprès des institutions européennes. Cette campagne a notamment ciblé les eurodéputés et les représentants des États membres, afin d'obtenir des assouplissements sur les exigences de recyclabilité et de réutilisation.

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Des objectifs revus à la baisse

Concrètement, le texte final prévoit une réduction de 10 % des déchets d'emballages d'ici 2030, contre 15 % initialement envisagés. Pour 2040, l'objectif est fixé à 15 %, au lieu de 20 %. Ces ajustements ont été justifiés par la nécessité de préserver la compétitivité des entreprises européennes, un argument régulièrement avancé par les lobbies.

Les mesures concernant les emballages réutilisables ont également été assouplies. Les restaurants et les services de livraison, par exemple, ne seront pas tenus d'accepter les contenants apportés par les consommateurs, une disposition pourtant centrale dans le projet initial. De même, les objectifs de réutilisation pour les boissons et les plats à emporter ont été repoussés à 2035, avec des taux réduits.

La réaction des défenseurs de l'environnement

Les organisations environnementales dénoncent un recul significatif. Selon elles, cette réglementation affaiblie ne permettra pas d'atteindre les objectifs climatiques de l'Union européenne. Elles pointent du doigt la puissance du lobbying industriel, qui a su faire valoir ses intérêts au détriment de la transition écologique.

« C'est une occasion manquée. L'Union européenne aurait pu montrer la voie en matière de réduction des déchets, mais elle a cédé aux pressions des industriels », déclare un porte-parole d'une ONG environnementale, cité par Le Monde. Cette critique rejoint celle de nombreux observateurs, qui estiment que le texte final est en deçà des attentes.

Des conséquences pour les consommateurs et les entreprises

Malgré ces assouplissements, la réglementation aura des conséquences concrètes. Les entreprises devront progressivement modifier leurs emballages pour les rendre plus recyclables, et certaines interdictions, comme celle des emballages en plastique pour les fruits et légumes, entreront en vigueur à partir de 2030. Les consommateurs, de leur côté, devraient voir une augmentation des consignes pour les bouteilles et les canettes.

Les États membres ont désormais deux ans pour transposer ce règlement dans leur droit national. La Commission européenne, de son côté, devra évaluer l'impact de ces mesures d'ici 2035 et proposer, si nécessaire, des ajustements. L'avenir dira si cette réglementation, bien qu'amoindrie, permettra d'inverser la tendance à la hausse des déchets d'emballages en Europe.

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