Un an après le méga-feu qui a ravagé les Corbières, les éleveurs de la région ont transformé leurs troupeaux en outils de prévention contre les incendies. Selon un bilan publié en 2023, environ 400 hectares ont été brûlés cette année, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes, grâce notamment à cette stratégie.
Une adaptation des pratiques pastorales
Les éleveurs des Corbières, confrontés à des étés de plus en plus secs, ont modifié leurs pratiques. Ils font désormais pâturer leurs troupeaux de brebis et de chèvres dans les zones à risque, afin de réduire la végétation combustible. Cette méthode, appelée écopâturage, est mise en œuvre en collaboration avec les pompiers et les forestiers.
« Nous avons compris qu'il fallait agir en amont, explique Jean-Marc, éleveur à Durban-Corbières. Nos animaux broutent les broussailles et les herbes sèches, ce qui limite la propagation du feu. » Cette approche a été renforcée après l'incendie de l'été 2022, qui avait détruit plus de 3 000 hectares.
Un bilan encourageant et des perspectives
Le dispositif a déjà montré son efficacité. En 2023, les surfaces brûlées ont été réduites de moitié par rapport à la moyenne des dix dernières années. Les autorités locales, comme le parc naturel régional des Corbières-Fenouillèdes, soutiennent cette initiative en finançant des équipements pour les éleveurs, tels que des clôtures mobiles et des points d'eau.
Les éleveurs espèrent que cette dynamique se poursuivra. « Nous devons continuer à travailler main dans la main avec les pompiers, ajoute Jean-Marc. Chaque année, nous affinons nos plans de pâturage pour être plus efficaces. » À terme, ils envisagent d'étendre cette pratique à d'autres massifs de la région, afin de protéger les villages et les forêts.



