Sans clim, cette école de l'Hérault réduit la chaleur avec des solutions low tech
École sans clim : des solutions low tech efficaces contre la chaleur

Dans une école maternelle de Grabels, dans l'Hérault, des solutions simples et peu coûteuses permettent de réduire significativement la chaleur dans les salles de classe, sans recours à la climatisation. Toiles en fibre de coco, brasseurs d'air et ventilation nocturne ont fait baisser la température intérieure de 30 à 26 degrés lors d'une journée à 34°C à l'extérieur.

Des résultats concrets pour le confort des enfants et du personnel

« Ça fait 17 ans que je travaille ici. Enfin je ne termine plus mes journées en sueur », constate Stéphanie Taïx, responsable des Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) dans cet établissement de la commune de Grabels, en périphérie de Montpellier. « Les enfants sont plus concentrés, moins fatigués et tout le monde est moins énervé », ajoute-t-elle. Mardi, alors que la température extérieure atteignait 34 degrés, il faisait 26 degrés en classe. En juin 2025, avant les travaux, la température mesurée dans l'une des salles de classe atteignait 30 degrés lorsque le thermomètre extérieur en affichait 33.

Trois solutions low tech installées en une semaine

L'école maternelle Jean Ponsy, qui compte 170 élèves, fait partie des quinze établissements pilotes du programme « Racine » (Recherche sur l'Adaptation aux Canicules à l'Intérieur de Nos Écoles) lancé sur tout le territoire en juin 2025 par ACTEE, organisme dédié à l'action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique, avec l'appui de plusieurs partenaires scientifiques.

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Après un diagnostic établi à partir de capteurs thermiques et d'humidité, trois solutions ont été développées pour cette école héraultaise, où les travaux ont duré une semaine durant les vacances de Pâques : « Empêcher le soleil de rentrer, créer de la ventilation à l'intérieur et faire de la surventilation nocturne », énumère Guillaume Perrin, directeur du programme ACTEE.

Des équipements simples et efficaces

Dans la cour, des grandes toiles en fibre de coco sont suspendues sur la structure du préau, créant ainsi une coursive ombragée, limitant également le soleil sur les baies vitrées des classes donnant sur la cour. Au plafond de deux des classes les plus chaudes, quatre brasseurs d'air tournent en silence. Tous les volets roulants, blancs, sont baissés. Enfin, dans le couloir principal, un imposant déstratificateur, sorte de grand ventilateur, est chargé de repousser l'air chaud vers des fenêtres ouvertes et de faire remonter l'air frais. Il fonctionne en fin de journée et durant la nuit.

Un problème national d'adaptation des écoles

« Dans les 15 écoles du programme, les températures mesurées affichaient plus de 30 degrés en juin 2025, explique Guillaume Perrin. En France, 80 % des écoles ne sont pas adaptées à des épisodes de canicule. La moitié n'a pas de volets. » Quant aux enfants, « ils prennent de plein fouet la réflexion de la chaleur par le sol du fait de leur petite taille », note l'expert.

Relativement récente, l'école Jean Ponsy date de 2003 et pourtant elle est « mal isolée », note René Revol, l'ancien maire qui a enclenché le projet. Si, à domicile, les particuliers savent aérer leur logement durant la nuit pour faire entrer la fraîcheur, un bâtiment public nécessite un gardiennage ou un système nocturne anti-intrusion, engendrant un surcoût. « La présence d'un gardien, de retraités, ou du maire lui-même est nécessaire pour une ventilation nocturne. Ces solutions de nuit ne sont pas encore généralisées dans les 15 écoles », précise Guillaume Perrin.

Un investissement de 23 000 euros et des projets d'avenir

L'école de Grabels peut aérer la nuit grâce à la présence d'un gardien embauché pour cette période de canicule. Pour apporter ces premiers changements, la mairie a déboursé 23 000 euros et a déposé plusieurs demandes de subvention. Dans un avenir proche, elle souhaite désimperméabiliser la cour afin d'en faire un « oasis de verdure ». Felix, en moyenne section, verrait bien aussi « une piscine avec un toboggan » dans la cour. Ou « une rivière », ajoute la jeune Adèle qui se plaint d'avoir « hyper chaud » mais « quand même moins » que chez elle.

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