Le Conseil d'État suspend la chasse au lagopède alpin pour cinq ans afin de protéger l'espèce
Chasse au lagopède alpin suspendue pour cinq ans par le Conseil d'État

Le Conseil d'État ordonne la suspension de la chasse au lagopède alpin pour cinq ans

Le Conseil d'État a exigé, ce lundi 2 mars, que le gouvernement suspende immédiatement la chasse au lagopède alpin, également connu sous le nom de perdrix des neiges, pour une période de cinq ans. La plus haute juridiction administrative française a jugé que cette pratique cynégétique n'est absolument pas compatible avec les efforts de conservation de cette espèce emblématique, dont les populations ne cessent de décliner de manière alarmante sur le territoire national.

Une décision juridique contraignante pour le gouvernement

Dans sa décision, le Conseil d'État enjoint formellement à la ministre de la transition écologique et de la biodiversité de prendre un arrêté suspendant la chasse du lagopède alpin sur l'ensemble du territoire métropolitain. Ce texte législatif doit être publié dans un délai maximal de deux mois à compter de la notification officielle de cette décision historique. Cette mesure intervient après que plusieurs associations environnementales de premier plan, dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), One Voice et le Comité écologique ariégeois, ont saisi la justice administrative. Ces organisations avaient préalablement demandé à plusieurs reprises, mais en vain, au gouvernement de suspendre un arrêté autorisant la chasse du lagopède dans trois départements français spécifiques.

Une espèce gravement menacée par les activités humaines et le changement climatique

Le lagopède alpin, essentiellement présent dans les régions arctiques et boréales d'Europe du Nord, ne subsiste désormais en France que dans les massifs alpins et pyrénéens, où il évolue exclusivement en petits groupes isolés et fragiles. Cette espèce, qui figure dans la directive Oiseaux de l'Union européenne, devient de plus en plus rare et est doublement menacée :

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  • Par les effets du changement climatique qui modifient son habitat naturel
  • Par les activités humaines, dont la chasse représente une pression supplémentaire

Le Conseil d'État rappelle avec force que, conformément aux textes législatifs en vigueur, la chasse de cet oiseau protégé doit être rigoureusement réglementée de manière à ce que le nombre maximal d'individus prélevés ne compromette en aucun cas les efforts de conservation de l'espèce dans son aire de distribution naturelle.

Un déclin démographique dramatique et préoccupant

Les données scientifiques les plus récentes montrent de manière incontestable que la population de lagopèdes alpins a diminué de façon très sensible au cours des deux dernières décennies, avec une accélération particulièrement marquée dans la région des Alpes françaises. Depuis 1950, le lagopède alpin a déjà complètement disparu de 33% des communes alpines et de 21% des communes pyrénéennes où il était historiquement présent.

La juridiction administrative souligne que l'espèce connaît désormais un risque extrêmement élevé de disparition aux marges de son aire de distribution, notamment dans les Pyrénées, les Préalpes du Nord et les Alpes du Sud. Même au cœur de son aire de distribution principale, dans les Alpes internes du Nord où se concentrent les populations résiduelles, l'espèce apparaît gravement fragilisée et vulnérable.

Une victoire importante pour les défenseurs de l'environnement

Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, et Muriel Arnal, présidente de One Voice, se sont réjouis dans un communiqué commun de cette décision forte et historique qui va enfin accorder un peu de répit bien mérité aux lagopèdes alpins. Les responsables associatifs réclament désormais des moratoires similaires pour les autres espèces menacées qui sont encore chassées en France, rappelant que notre pays reste l'un des seuls en Europe à autoriser la chasse d'espèces en danger.

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Cette décision du Conseil d'État s'inscrit dans une série de mesures récentes visant à protéger les oiseaux menacés, après l'interdiction de chasse du grand tétras des Pyrénées pour cinq ans prononcée en 2022. Elle intervient alors que près des deux tiers des espèces d'oiseaux dans le monde voient leurs populations décliner de manière préoccupante, selon les dernières études scientifiques internationales.