Cave de Saint-Bauzille : la nouvelle norme climatique
Cave de Saint-Bauzille : la nouvelle norme climatique

La cave coopérative de Saint-Bauzille-de-la-Sylve, dans la Vallée de l’Hérault, est confrontée à une nouvelle réalité climatique qui bouleverse les pratiques viticoles. Ce mercredi 26 août, Grégory Bro, maire de la commune et viticulteur, et Philippe Alinat, également viticulteur, ont rencontré Céline Bourgeois, animatrice de la filière viticole de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault (CCVH), pour dresser un constat sans appel : la profession doit se réinventer et adapter ses méthodes.

Des vendanges précoces et étirées dans le temps

Cette année, les vendanges ont débuté le 5 août, une précocité qui n’est plus exceptionnelle. « Ce sont des récoltes hyper précoces, notamment sur les blancs comme le Chardonnay et le Sauvignon », observe Céline Bourgeois. Mais surtout, la durée des vendanges s’allonge considérablement. « D’habitude, les vendanges, c’est sur 15 jours. Elles durent en moyenne entre deux et trois semaines. Mais là, elles seront rallongées jusqu’au 15 septembre, ce qui fait une durée de près d’un mois et demi », ajoute Grégory Bro.

Cette situation impose une vigilance permanente aux viticulteurs. « Ils vont devoir anticiper, passer dans les rangs, goûter, et ça, toute la journée. Il va devoir y avoir une force d’adaptation qu’il n’y avait pas jusqu’à présent », explique Céline Bourgeois. Pour elle, cette évolution s’inscrit dans une tendance lourde : « Il y a vingt ans, c’était une crise, un accident climatique tous les cinq ans en moyenne. Aujourd’hui, on est à deux ou trois par saison ».

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Une récolte hétérogène et des épisodes caniculaires intenses

Grégory Bro, conseiller délégué à l’agriculture et à la viticulture, partage ce constat sur le terrain : « On a eu pratiquement quarante jours à plus de trente-cinq degrés. Ce qui nous a sauvés, ce sont les pluies de cet hiver qui ont permis de remplir nos réserves ». Malgré ces réserves, les fortes chaleurs ont laissé des traces. La récolte est jugée satisfaisante mais moyenne. « Globalement dans la plaine de l’Hérault, la sortie de raisins est présente mais très hétérogène. C’est complètement éclaté, à la fois au niveau des vendanges, mais aussi au niveau des qualités », précise-t-il.

Cette hétérogénéité complique le travail des viticulteurs et rend la planification des récoltes plus difficile. Les épisodes caniculaires, plus fréquents et plus violents, fragilisent les vignobles et obligent à une adaptation constante.

Un enjeu foncier et des retenues d’eau bloquées

Face à ces difficultés, le nombre de viticulteurs diminue. « Qu’on le veuille ou non, beaucoup de gens ont arrêté et vont encore arrêter. Ce qui va engendrer énormément de fonciers », alerte le maire. Cette déprise agricole pose un problème de sécurité. « La vigne est naturellement un coupe-feu. Les incendies que l’on connaît dans nos garrigues, seront bientôt aux portes de nos villages », ajoute-t-il.

Pour Grégory Bro, une solution serait de créer plusieurs retenues d’eau, profitables l’été. Mais ce projet est bloqué par les services de l’État depuis 15 ans. La question de l’eau devient donc centrale pour l’avenir de la viticulture locale, alors que les épisodes de sécheresse et de canicule se multiplient.

La filière viticole de la CCVH continue de travailler sur le terrain pour trouver des solutions à long terme, mais l’urgence est réelle. Les vendanges 2026, étirées jusqu’à la mi-septembre, illustrent une nouvelle norme climatique à laquelle les viticulteurs devront s’adapter durablement.

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