Biodiversité : 1 € investi rapporte 8 €
Biodiversité : 1 € investi rapporte 8 €

Pour chaque euro investi dans la préservation ou la restauration de la nature, la société récupère en moyenne 8 euros de bénéfices. C'est le résultat d'une étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution, qui compare les coûts de l'inaction face à l'érosion de la biodiversité aux bénéfices des actions de protection.

Un retour sur investissement de 8 pour 1

Les chercheurs ont analysé 90 études de cas à travers le monde, portant sur des projets de conservation, de restauration d'écosystèmes et de gestion durable des ressources naturelles. Ils ont calculé que le ratio bénéfices-coûts moyen est de 8,3 : pour chaque dollar ou euro dépensé, les bénéfices économiques, sociaux et environnementaux atteignent en moyenne 8,3 fois la mise initiale.

Ce ratio varie toutefois selon les écosystèmes et les régions. Les zones humides et les forêts tropicales présentent les rendements les plus élevés, avec des ratios pouvant dépasser 20 pour 1. À l'inverse, certaines actions de restauration dans des zones arides affichent des bénéfices plus modestes, mais restent globalement rentables.

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L'inaction coûte plus cher

L'étude souligne que la destruction continue des écosystèmes entraîne des pertes économiques considérables. Selon les auteurs, chaque année, la dégradation des terres et la perte de biodiversité coûtent à l'économie mondiale entre 4 000 et 20 000 milliards de dollars, soit 7 à 20 % du PIB mondial. En comparaison, les investissements nécessaires pour inverser la tendance sont bien inférieurs.

« Il est économiquement rationnel de protéger la nature », explique le professeur Jean-Michel Salles, économiste de l'environnement au CNRS, co-auteur de l'étude. « Nos résultats montrent que les bénéfices de la conservation dépassent largement les coûts, même en ne considérant que les services écosystémiques marchands, sans compter les valeurs non marchandes comme la beauté des paysages ou le bien-être humain. »

Des implications pour les politiques publiques

Ces résultats interviennent alors que la 15e conférence des parties (COP15) sur la biodiversité, qui se tient à Montréal, doit aboutir à un accord mondial pour protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030. Les auteurs estiment que leur analyse fournit des arguments économiques solides pour convaincre les décideurs d'augmenter les financements dédiés à la nature.

« Nous espérons que ces chiffres encourageront les gouvernements et les entreprises à intégrer la biodiversité dans leurs décisions économiques », ajoute le professeur Salles. « Investir dans la nature n'est pas une dépense, c'est un investissement rentable. »

L'étude recommande notamment de réorienter les subventions agricoles et de pêche qui nuisent à la biodiversité, estimées à 500 milliards de dollars par an, vers des pratiques durables. Elle appelle également à développer des mécanismes de paiement pour les services écosystémiques, afin de rémunérer les acteurs locaux qui protègent les écosystèmes.

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