Bilan écologique mitigé après la rave party du Plat Fournel
Bilan écologique mitigé après la rave party du Plat Fournel

Vingt-quatre heures après le départ des derniers véhicules du Plat Fournel, l’adjoint au maire du village en charge du patrimoine naturel, Simon Popy, par ailleurs président de France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée, dresse un bilan provisoire de la rave party Tankarville.

« Je tiens à remercier la préfète de ne pas avoir ordonné l’évacuation de force, souligne-t-il. Tout le monde est soulagé que ce soit fini sans violence et avec des dégâts somme toute limités. »

Des efforts visibles de nettoyage par les derniers occupants du site ont été effectués, « comme promis, malheureusement beaucoup moins le long des chemins et des routes d’accès, précise l’élu. Des monceaux de sacs de poubelles restent évidemment à évacuer par camions spécialisés, ainsi que les conteneurs qui débordent sur place en bord de route et dans le village. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des dégâts limités mais un site naturel fragilisé

Un nettoyage plus minutieux a été décidé par les membres du conseil municipal. « De plus, des habitants ont d’ores et déjà prévu de réaliser un nettoyage plus fin dans les jours à venir, avec des chevaux, afin de faire disparaître les derniers déchets. »

L’impact de la présence de milliers des raveurs est jugé « très fort ». « La prairie proprement dite a été bien abîmée sur les espaces de circulation et de séjour, carrément décapée sur la zone de danse. C’est un fait très négatif. Cet espace va se régénérer lentement, soupire Simon Popy. Ce milieu, malgré les apparences trompeuses, est d’une grande richesse patrimoniale et écologiquement très sensible. C’est aussi un outil de travail pour les éleveurs qui l’utilisent dans un pastoralisme réfléchi. »

La municipalité étudie donc de près une véritable stratégie foncière de protection et de gestion de cette zone. « Il est désolant qu’elle ne soit pas classée en zone Natura 2000, ce qui permettrait de limiter le risque de projets tels que des méga-parcs photovoltaïques. Ce genre d’infrastructure, poursuit Simon Popy, tout à fait vertueuse quand elle reste à taille humaine en répondant aux besoins locaux – comme le parc près du village avec ses 5 000 m² d’emprise au sol – peut devenir dévastatrice quand elle atteint des tailles industrielles, chiffrées en hectares. »

Toutes les atteintes actuelles à la biodiversité ne se valent pas. Le déversement de milliers de tonnes de pesticides employés en agriculture et viticulture conventionnelles reste une cause majeure de la sixième extinction des espèces en cours.

Correspondant Midi Libre : 06 45 23 41 16

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale