Longtemps relégué au rang d'objet ringard, le ventilateur de plafond fait son grand retour dans les foyers français. Avec la multiplication des épisodes de chaleur extrême, cet équipement, autrefois surnommé « la clim du pauvre », séduit de plus en plus de consommateurs. Selon Jean-Pascal Schaefer, délégué général de l'Association française professionnelle des ventilateurs de plafond (AFPVP), « c'était perçu comme quelque chose d'assez ringard, un peu comme la clim du pauvre ». Pourtant, les chiffres montrent une nette évolution : le taux d'équipement en France métropolitaine dépasse péniblement les 5 % des logements, contre 65 % aux États-Unis, mais la tendance s'accélère.
Des ventes en forte hausse et des ruptures de stock
Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a annoncé que plus de 30 000 ventilateurs et climatiseurs avaient été vendus dans la seule journée du lundi 12 juin dans ses magasins. Cette ruée provoque des ruptures de stock, comme en témoigne Claude Pichegru, patron de la société Guibb et spécialiste du brasseur d'air depuis 32 ans : « Il faut environ trois mois de délai pour que les produits arrivent d'Asie. En général, on anticipe pour recevoir nos commandes mi-juillet, pas dès le mois de mai ou de juin. »
Un objet modernisé et plus efficace
Les modèles actuels n'ont plus rien à voir avec les ventilateurs coloniaux en bois cannés. « Aujourd'hui, ce que les fournisseurs proposent n'a plus rien à voir. On a des produits qui sont très peu bruyants, que l'on peut activer avec une télécommande et qui ont un bien meilleur design », explique Claude Pichegru. Vanessa, habitante de la région rennaise, a acheté un ventilateur de plafond pour la chambre de sa fille après avoir vu des vidéos sur les réseaux sociaux. « Je dors vraiment mieux. Je me réveille quand même mais au moins je sens de l'air », témoigne sa fille Louise. Vanessa a fini par en acheter deux autres pour ses fils, mais a dû patienter en raison des ruptures de stock.
Un confort thermique amélioré de 4 degrés ressentis
Le ventilateur de plafond n'abaisse pas la température, mais améliore le confort en brassant l'air. Selon Claude Pichegru, également membre de l'AFPVP, il permet « jusqu'à 4 degrés en moins en ressenti ». Cet avantage est valable aussi bien en été qu'en hiver, car il contribue à une meilleure répartition de la chaleur des radiateurs, poêles ou cheminées. De plus, les promoteurs de l'appareil affirment qu'il éloigne les moustiques et peut être couplé à une climatisation pour en améliorer l'efficacité. Jean-Pascal Schaefer précise : « L'air froid est mieux réparti donc on évite cet effet douche froide. La climatisation peut être réglée plus haut, elle consomme moins et fonctionne mieux. »
Un prix abordable et une consommation énergétique réduite
Avec un prix compris entre 100 et 1 000 euros, le ventilateur de plafond reste une solution abordable. Sa consommation énergétique est faible, ce qui en fait une alternative économique face aux climatiseurs. Face aux canicules récurrentes, cet objet iconique des années 1980 semble bien parti pour s'imposer durablement dans les foyers français.



