Transfert des orques de Marineland : le Loro Parque répond aux critiques
Transfert des orques : le Loro Parque répond aux critiques

Alors que le ministère de la Transition écologique estime que les conditions administratives sont désormais réunies pour permettre le transfert des deux orques de Marineland vers le Loro Parque et que le parc antibois se dit prêt à organiser leur départ, le directeur scientifique de la fondation Loro Parque, Martin Böye, revient sur les derniers rebondissements du dossier et répond aux critiques formulées par les associations de défense animale.

Une position espagnole nuancée

One Voice affirme que l’Espagne refuse d’accueillir les orques de Marineland. Martin Böye conteste cette affirmation : « L’Espagne n’a jamais officiellement refusé d’accueillir Wikie et Keijo. Dans le passé, les autorités CITES espagnoles ont émis un avis défavorable sur une demande présentée par la France. Cet avis était fondé sur un dossier introuvable et, à notre connaissance, ne comportant aucune inspection des installations de Loro Parque. Par ailleurs, les autorités compétentes des Canaries, l’équivalent de la DREAL et de la DDPP, qui sont directement responsables de ce type d’autorisation sur leur territoire, ont rendu à deux reprises un avis favorable concernant la possibilité d’accueillir Wikie et Keijo. »

Il ajoute que la situation d’une des orques a évolué : « L’erreur administrative concernant la classification de Wikie a été corrigée par les autorités françaises. Wikie est née au Marineland d’Antibes, pourtant, pendant des années, sa classification administrative ne correspondait pas à celle d’un animal né en captivité et impliquait des procédures CITES plus contraignantes. Cette régularisation permet désormais d’envisager un transfert au sein de l’Union européenne, sans autorisation CITES espagnole. »

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Un transfert pas avant l'automne

Si le transfert vers l’Espagne par avion cargo de Wikie et Keijo est définitivement acté, il ne pourra se faire qu’après la saison estivale. « Le transport d’orques nécessite de tenir compte de nombreux paramètres, notamment climatiques. Il vaut mieux prendre le temps nécessaire pour organiser l’opération dans les meilleures conditions », explique Martin Böye. Il précise que le Loro Parque n’a pas demandé à récupérer les orques : « L’État français nous a sollicités pour savoir si nous pouvions constituer une solution. Nous avons répondu favorablement à condition que cette solution soit stable et pérenne pour Wikie et Keijo. »

Des installations adaptées selon le parc

Les associations jugent le Loro Parque inadapté. Martin Böye ne partage pas cette analyse : « Le parc dispose d’installations en bon état et d’équipes expérimentées. Jusqu’à sept orques ont déjà été hébergées sur le site. L’un des enjeux est aussi social : aujourd’hui, Wikie et Keijo ne sont que deux. Au Loro Parque, elles rejoindraient d’autres congénères. » Il demande une prise de position des autorités espagnoles pour éviter toute remise en question future.

Reproduction et cadre légal

Concernant le risque de reproduction, Martin Böye indique que ce n’est pas l’objet du projet actuel : « Si Wikie et Keijo venaient à Tenerife, elles conserveraient dans un premier temps leur mode de gestion actuel. Les questions de reproduction sont encadrées par des règles de gestion très strictes. » Il répond aussi aux critiques sur le contournement de la loi française : « Il y a une confusion sur ce que dit réellement la loi. Elle met fin aux spectacles tels qu’ils existaient auparavant, mais elle n’interdit pas toute détention de cétacés. Elle prévoit la possibilité de les héberger dans des structures zoologiques développant des programmes de recherche, de conservation et d’éducation. »

Martin Böye défend le rôle des parcs zoologiques modernes, reposant sur le bien-être animal, la recherche, la conservation et l’éducation. Il comprend les critiques sur la captivité mais insiste sur les indicateurs objectifs de bien-être : « En tant que scientifique, je dois me baser sur des indicateurs objectifs : état de santé, longévité, comportements sociaux ou capacités d’adaptation. Notre objectif n’est pas de créer un environnement qui nous semble naturel à nous, mais un habitat qui réponde à leurs besoins biologiques et sociaux. »

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