Tënk, la plateforme coopérative entièrement consacrée au documentaire de création, fête ses dix ans. Rencontre avec son directeur, Mohamed Sifaoui.
Une alternative précieuse
Née en 2016 à Lussas, un village ardéchois d'un millier d'habitants, Tënk s'est imposée en dix ans comme une alternative précieuse face au désengagement des chaînes publiques dans la diffusion et à la montée de documentaires à grand spectacle sur les plateformes algorithmiques. Avec ses 20 000 abonnés - devenus, littéralement, ses propriétaires -, la plateforme coopérative défend une programmation exigeante, du dernier oscarisé (« No Other Land ») aux classiques, en passant par des films sortis en salle quelques mois plus tôt ou des premières œuvres remarquables. Malgré un équilibre financier fragile, elle se révèle un soutien concret à une filière en crise.
Un constat toujours d'actualité
Tënk est née en 2016 d'un constat : la raréfaction des espaces de diffusion pour le documentaire de création. Dix ans plus tard, où en est-on ? Mohamed Sifaoui répond : « En une décennie, la situation ne s'est pas arrangée, loin de là. Et la récente réduction de 80 millions d'euros du budget de France Télévisions a encore aggravé les difficultés. »
La plateforme propose une sélection minutieuse de films, choisis par une équipe de programmateurs passionnés. Parmi les temps forts, la programmation « Joie militante » inclut des œuvres comme « Carry Greenham Home » d'Amanda Richardson et Beeban Kidron.
Un modèle coopératif unique
Tënk fonctionne sur un modèle coopératif où les abonnés sont également propriétaires. Ce statut permet de maintenir une indépendance éditoriale et de résister aux pressions commerciales. Cependant, l'équilibre financier reste fragile, et la plateforme doit constamment innover pour attirer de nouveaux abonnés tout en fidélisant les anciens.
Malgré ces défis, Tënk continue de jouer un rôle essentiel dans le paysage audiovisuel français, offrant une vitrine aux documentaires de création qui peinent à trouver leur place ailleurs. La célébration de ses dix ans est l'occasion de rappeler l'importance de ce type d'initiatives pour la diversité culturelle.



