Des athlètes palestiniens amputés débarquent à Cannes pour leur documentaire
Des membres des « Gaza Sunbirds », l'équipe palestinienne de para-cyclisme fondée par des athlètes amputés de l'enclave, ont rejoint ce samedi le Festival de Cannes pour la présentation d'un documentaire qui leur est consacré. Ils sont symboliquement arrivés par la mer, à bord d'un bateau arborant l'inscription « Gaza vit ».
« On est venu à bord d'un bateau à Cannes pour briser le silence du monde », a expliqué Alaa Aldali, l'un des para-cyclistes palestiniens. Son arrivée avec l'équipe du documentaire « Gaza Sunbirds » a été mouvementée, le navire ayant été brièvement arrêté en mer par les forces de l'ordre pour un contrôle.
Un documentaire sur le parcours d'Alaa Aldali
« Gaza Sunbirds » est projeté dans le cadre de « Cannes Docs », organisé en marge du festival pour vendre des documentaires. Sa réalisatrice, l'Italienne Flavia Cappellini, suit le parcours d'Alaa Aldali, ancien champion palestinien de cyclisme originaire de Gaza, qui a perdu sa jambe après avoir été blessé par balle lors d'une manifestation en 2018.
Plutôt que de disparaître de la vie publique, Alaa Aldali est remonté sur un vélo et a ensuite contribué à créer la première équipe palestinienne de para-cyclisme avec le cofondateur, Karim Ali.
Le contexte du film
« À l'époque, Alaa Aldali était un cycliste qui parcourait de longues distances dans la bande de Gaza. Il a participé à la première journée de la Grande marche du retour, une manifestation organisée chaque vendredi à Gaza pour protester contre l'embargo et le blocus de la bande de Gaza », explique Flavia Cappellini.
« Il s'y était rendu en tenue de cycliste, avec son vélo et son équipement, lorsqu'un tireur d'élite israélien lui a tiré une balle dans la jambe, qui a conduit à son amputation. C'est ainsi que commence le parcours personnel d'Alaa, et c'est aussi le point de départ du film », relate la réalisatrice.
« Le film retrace sa rééducation et son désir de fonder la première équipe de para-cyclisme palestinienne à Gaza, appelée les Gaza Sunbirds, et composée entièrement de personnes amputées de guerre qui ont perdu leur jambe lors de la même manifestation ».
Une arrivée symbolique
Le bateau ayant acheminé l'équipe du documentaire à Cannes arborait sur ses voiles l'inscription « Gaza vit ». Ce voilier, qui avait pris le départ depuis Marseille (Bouches-du-Rhône) fait partie de la flottille humanitaire qui a tenté de rejoindre l'enclave palestinienne dévastée par la guerre.



