Nouvel arrêté sur l'étang d'Ingril : kitesurf et planche à voile exclus
Étang d'Ingril : les sports de glisse exclus du nouvel arrêté

Un nouvel arrêté pour l'étang d'Ingril : les grandes lignes se dessinent

Le futur arrêté encadrant les usages de l'étang d'Ingril, à Frontignan, n'est pas encore signé – il faut compter une quinzaine de jours – mais ses grandes lignes se dessinent déjà. La réunion de la commission nautique locale, qui s'est tenue ce mardi 26 mai à la Direction départementale des territoires et de la mer à Sète, a permis d'en entrevoir les contours. Ni la préfecture maritime de la Méditerranée ni la mairie de Frontignan n'ont souhaité commenter le sujet, invoquant une procédure toujours en cours.

Un partage des usages qui divise

Selon les représentants des associations présentes, le plan d'eau devrait rouvrir à la navigation de plaisance à l'ouest de la zone dédiée aux écoles de voile, ainsi qu'à la chasse marine sur l'ensemble de l'étang, à la pêche à pied (hors coquillages) et à la baignade. Autant d'activités qui avaient été exclues par l'arrêté de 2023. Les écoles de voile pourraient, elles, conserver leur place sur l'étang avec des horaires élargis, mais en nombre réduit a priori. Ce sera à la mairie de Frontignan de trancher ensuite sur les établissements autorisés à y exercer. Tous s'interrogent et s'inquiètent désormais sur leur avenir.

Les sports de glisse exclus

Enfin, les pratiquants libres pourraient bien faire les frais du nouveau texte. Planches à voile, kitesurf, windfoil et autres sports de glisse, si l'information est confirmée, seraient alors priés de naviguer ailleurs, dès la publication de l'arrêté. L'association TKC réagit vivement : "On trouve étonnant de demander aux membres de la commission de se prononcer sur un arrêté qu'ils n'ont pas eu entre les mains. Dans tous les cas, pour nous, l'affaire semble pliée. On attend de voir quels seront les motifs avancés pour justifier notre exclusion", déclare Delphine Termignon, sa présidente. "Pour moi, c'est discriminatoire ce qui se passe. Ou on ouvre ou on interdit à tout le monde", souligne Jean-Claude Mirabel. "On a joué le jeu. Rien n'est rationnel dans cette décision, qui est déconnectée de la réalité du terrain", ajoute Fabienne Liegaud. La suite ? Une manifestation le 30 mai sur le parking de l'étang d'Ingril et un recours possible à la justice.

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Chasseurs et pêcheurs soulagés

Du côté des chasseurs, le soulagement est palpable. "Le nouvel arrêté est plus équitable pour tout le monde, estime Claude Pachello, représentant de l'association de chasse maritime de l'étang d'Ingril. Nous sommes bailleurs sur cet étang. Nous nous acquittons donc d'une redevance, ce qui nous donne des droits que d'autres n'ont pas. Nous allons pouvoir enfin accéder aux postes de chasse et assurer notre mission, soit la gestion de l'exploitation de la chasse. C'est un juste retour des choses." L'équité rétablie, c'est ce que met aussi en avant Michaël Catalano, représentant de la Prud'homie de la pêche de Sète étangs, qui rappelle que les pêcheurs ont scrupuleusement respecté les règles en vigueur du précédent arrêté. "Avec l'arrêté de 2023, les pêcheurs se sont contraints à ne plus pêcher lors des horaires réservés à la voile alors qu'ils peuvent le faire à toute heure, et en dépit du fait que les pratiquants de voile ne respectaient pas toujours lesdits horaires. On en a pris notre parti. Par ailleurs, à chaque réunion, nous avons rappelé que l'association de kitesurf avait fait des efforts pour faire respecter la réglementation. Quant à la fin de la pratique libre qui pourrait être actée, ce n'est pas la pêche qui a pris la décision de l'imposer", précise Aurélie Carrié du Comité régional de la pêche maritime et des étangs marins d'Occitanie.

Un patrimoine collectif contesté

L'association "Entre Mer et Étangs", qui représente plaisanciers et riverains de Frontignan-Plage, dénonce quant à elle son exclusion des discussions. Si elle se réjouit de retrouver un droit de navigation sur l'étang, elle conteste "l'exclusion systématique des habitants au profit des professionnels moins respectueux de la nature". Avant de rappeler que cet étang "appartient au patrimoine collectif de Frontignan".

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