SuperMamans de Seine-et-Marne : des bénévoles pour choyer les jeunes mamans
SuperMamans : des bénévoles pour choyer les jeunes mamans

Malgré la météo, Alison est arrivée à l'heure au rendez-vous dans le centre-ville de Provins avec une quiche aux légumes et une tarte chocolat/poire. Au bout du petit couloir, une cour, une porte qui s'ouvre avec la comptine « Une Souris Verte » en fond musical. Samantha, sourire un peu timide, tient dans ses bras Ohana, son petit bout de chou de six mois.

Les deux femmes ne se sont jamais vues. Elles ne se sont parlées que par téléphone. Camille, qui accompagne Alison, a en revanche déjà rendu visite à la maman et son bébé. « Elle a changé et a l'air beaucoup plus à l'aise », souffle la jeune femme en souriant. Le courant passe très vite, comme à chaque visite de ce type. Chez SuperMamans, on a l'habitude.

Un concept venu de Suisse

Dans le jargon de l'association, Alison est une « maman-cadeau ». Elle est là pour soutenir une jeune mère après l'arrivée de son nouveau-né avec un repas fait maison et un temps de discussion. Samantha est une « maman-à-bichonner ». Pas besoin d'explication superflue ! Camille, exceptionnellement présente ce jour, est la « maman-contact », celle par qui toute cette opération est possible.

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Créé en Suisse il y a une dizaine d'années, le concept SuperMamans est simple : soutenir des jeunes mamans qui en ont besoin ou qui le désirent simplement pendant la période post-partum (les 6 premières semaines suivant l'accouchement) et même un peu plus. Il suffit de s'inscrire gratuitement sur le site (supermamansfrance.fr) et de remplir un questionnaire.

C'est là que Camille, l'une des trois référentes du département, entre en scène : « Après avoir vérifié les disponibilités de la maman-à-bichonner, je crée un planning que j'envoie aux mamans-cadeau qui sont dans un périmètre de 20 kilomètres. Elles me répondent puis je fais un retour dans les deux semaines avec les premières dates. » La période de bichonnage dépend des besoins de la maman, en moyenne entre cinq semaines et deux mois, avec si possible un rendez-vous hebdomadaire.

Le rôle de la maman-cadeau

La maman-cadeau, une bénévole, se déplace avec un repas fait maison, d'où l'appellation. Elle peut par ailleurs offrir un temps de discussion, de garde ponctuelle si la jeune mère a besoin de prendre soin d'elle, d'accompagnement pour un déplacement… Rien n'est figé. Et être en post-partum ne veut pas forcément dire que la maman, malgré les changements physiques et psychologiques, est en déprime.

Ici, le cas de Samantha est particulier : « Ohana est née avec une malformation du système digestif, raconte cette jeune femme de 33 ans, maman solo de deux autres enfants. Son foie est du mauvais côté, comme l'appendice. Après une première période d'hospitalisation, les médecins se sont rendu compte que c'était plus grave que prévu. » Cassandre et Emma, deux mamans-cadeau, s'étaient alors rendues à l'hôpital au service pédiatrique avec, au menu, des plats à réchauffer, du chocolat, et de la purée pour Ohana.

Des bénévoles pas forcément parents

À Provins depuis août dernier, la trentenaire a lancé sa propre société de création personnalisée à son domicile. « J'aimerais que ma fille ait plus d'interactions avec l'extérieur. Je suis une solitaire par nature et je ne veux surtout pas qu'elle reproduise le même schéma que le mien. Être bichonnée me fait du bien. Cela me permet de créer du lien, sans être jugée et obligée de rendre des comptes. »

Sur le canapé, Samantha et Alison, elle-même maman depuis un an, font connaissance. C'est l'après-midi et Ohana dort d'un sommeil profond. Responsable de formation en dehors, la maman-cadeau occupe ce rôle depuis octobre : « J'avais été bichonnée à trois reprises et j'avais apprécié l'idée. Quand on a repris un rythme de vie régulier avec ma fille, c'était évident pour moi de passer de l'autre côté. » Samantha apprécie.

Aujourd'hui, le groupe compte une quinzaine de mamans-à-bichonner pour 184 mamans-cadeau. Un terme inexact par ailleurs puisque quelques hommes en font partie. Ils n'interviennent qu'avec l'accord préalable de la maman, bien entendu. Les bénévoles ne sont par ailleurs pas forcément parents. Il y a des étudiants, des tatas, des tontons, des papys et des mamies… La seule recommandation est le tutoiement.

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Un réel besoin

« Il y a un réel besoin, appuie Camille. Les mamans n'osent pas au contraire car elles se sentent gênées de prendre, pensent-elles, la place d'une autre. De notre côté, on leur explique que l'on n'est pas des nounous ni des aides de ménage. À partir du moment où la charte est signée, tout le monde s'engage à la respecter, et il n'y a pas d'abus. »

Elle-même jeune maman, la jeune femme de 23 ans, assistante de mairie, avait du temps à consacrer à autrui. « Mais pas n'importe quoi ni à n'importe qui, précise-t-elle. Il faut savoir aider sans rien attendre. Chez SuperMamans, ce n'est que du cœur. Les reines, ce sont les mamans-à-bichonner. » Pendant ce temps, Ohana a ouvert ses deux grandes billes bleues et sourit à Alison, déjà adoptée.