Pilule, implant, stérilet, anneau… Les méthodes contraceptives féminines sont nombreuses, contrairement à celles disponibles pour les hommes. En dehors du préservatif et de la vasectomie, aucune contraception masculine n’est aujourd’hui officiellement approuvée par les autorités scientifiques. Les dispositifs thermiques, comme le slip thermique ou l’anneau testiculaire, n’ont pas obtenu d’homologation faute d’études suffisantes sur leur efficacité et leur sécurité.
Un nouveau dispositif prometteur : le Steom
Un nouveau dispositif baptisé Steom pourrait changer la donne. Il s’agit d’un stérilet masculin en développement depuis quatre ans au sein du CHU de Lille. S’il passe les phases d’essais, il pourrait être commercialisé à partir de 2033. Derrière cette innovation : la docteure Julie Prasivoravong, andrologue, la docteure en biomécanique Jessica Schiro et l’entrepreneur Dominique Prasivoravong, frère de la première. En quoi consiste ce stérilet destiné aux hommes ? On vous explique.
Implanté au niveau du scrotum
Le principe est comparable à celui du stérilet féminin, mais adapté à l’anatomie masculine. « Le dispositif médical est implanté au niveau du scrotum via une petite incision réalisée sous anesthésie locale, explique Dominique Prasivoravong. L’idée est de dévier les spermatozoïdes dans les canaux déférents — les sortes d’autoroutes à spermatozoïdes — afin de les rendre infertiles. » Si le stérilet empêche le passage des spermatozoïdes, il ne modifie pas sa production. Il suffit donc de retirer le stérilet pour être de nouveau fertile. Une contraception réversible, donc, et sans hormone.
La pose du stérilet durerait une quinzaine de minutes, ne nécessiterait ni points de suture ni hospitalisation et pourrait rester en place pendant trois ans. Son efficacité ne serait effective qu’au bout d’environ trois mois. « Il faut faire un spermogramme au bout de trois mois pour voir si c’est bien efficace car les hommes restent fertiles quelques mois après la pose en raison de leur réserve de spermatozoïdes », précise Dominique Prasivoravong.
Pas commercialisé avant 2033
Breveté en 2025 après trois ans à élaborer des prototypes, le dispositif n’en est qu’à sa phase d’essai préclinique. Des tests sont actuellement réalisés sur trois chiens afin de démontrer l’efficacité contraceptive réelle du stérilet, sa sécurité et son absence d’impact sur la fertilité à long terme et son absence d’effets négatifs sur la sexualité.
Si l’essai est concluant, il sera ensuite réalisé sur davantage d’animaux, puis sur des hommes en 2029 ou 2030 avec une durée d’étude d’au moins 3 ans. Le marquage CE, obligatoire pour une mise sur le marché européen, ne pourra être obtenu qu’après ces études. Il faudra donc être patient.
« Nous recevons quotidiennement des messages d’hommes qui souhaitent participer à l’essai clinique », assure Dominique Prasivoravong, qui estime qu’il existe un marché composé d’hommes souhaitant maîtriser leur fertilité et partager la charge contraceptive au sein du couple.



