À quelques jours de la rentrée scolaire, le matériel de sport qui dort dans les placards, les garages ou les greniers peut enfin resservir. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), près de 100.000 tonnes d'articles de sport finissent chaque année à la poubelle en France, alors qu'une grande partie pourrait être réemployée. Ressourceries, plateformes d'occasion et déchetteries s'organisent pour capter ce gisement.
Une ressourcerie sportive à Rennes, vitrine du réemploi
À Rennes, la boutique L'Equipière, installée depuis 2019, incarne ce mouvement. Cette « ressourcerie sportive » vend à petits prix des articles d'occasion donnés par les particuliers. « La rentrée, c'est le plus gros moment de l'année pour nous. On a beaucoup de familles qui viennent pour équiper les enfants. Les parents sont contents de trouver un ensemble kimono à moins de 10 euros », explique Antoine Droullours, responsable de la boutique. « On a aussi des gens qui veulent se remettre au sport après l'été et qui cherchent une raquette de badminton sans forcément vouloir dépenser 50 euros », ajoute-t-il.
Solène, une maman sportive, vient de déposer son imposant ballon de grossesse bleu à la sortie de la boutique. « Mon conjoint n'en pouvait plus de voir mon gros ballon au milieu du salon. Il va être content », confie-t-elle. « On a profité de l'été pour faire du tri. On avait plein de choses qui traînaient donc j'ai tout ramené ici. » Elle a déjà acheté sur place des masques de plongée, des lunettes de piscine, des lycras pour la plage ou des rollers. « C'est moins cher mais je le fais surtout par engagement écologique », poursuit-elle.
Des bacs dédiés dans les déchetteries de la métropole rennaise
L'initiative a gagné en visibilité : la boutique, d'abord confidentielle, est installée dans un nouvel espace dédié au réemploi sur une friche industrielle. Dans les déchetteries de la métropole rennaise, les habitants doivent désormais déposer leurs articles de sport dans un bac dédié qui, une fois trié, revient à L'Equipière ou à d'autres structures de l'économie sociale et solidaire. « On reçoit parfois des choses qui paraissent neuves ! », reconnaît Antoine Droullours. « Souvent, les gens ont d'abord tenté de les vendre sur Leboncoin ou Vinted. On n'a aucun problème avec ça, c'est normal. Tout ce que l'on veut, c'est éviter que ça finisse incinéré. »
La période est effectivement faste pour la seconde main sportive. Les équipes de Leboncoin confirment que le nombre d'offres dans la catégorie équipements de sport et loisirs a progressé de 20 % entre juillet et août, avec près de 18.000 annonces publiées chaque jour. Dans le même temps, les recherches ont progressé de près de 6 %. Les disciplines les plus demandées sont, de très loin, l'équitation, devant l'escalade, le roller et le tennis. Le football, sport le plus pratiqué, n'arrive qu'en septième position.
Des habitudes qui changent, mais un tri difficile
Morgan, habitué de L'Equipière, a entassé « pas mal d'affaires de sport » après une année en STAPS, avant de les vendre, troquer ou donner. « Au début, on se dit que ça peut toujours servir mais au bout d'un moment, tu te rends compte que tu ne le sors jamais », témoigne ce papa d'une adolescente. Sa compagne Victoria, adepte de l'occasion pour ses vêtements, n'hésite pas non plus à vendre ou donner. « C'est parfois dur de se séparer de certaines choses, des trucs auxquels tu tiens, se dire que tu ne t'en resserviras pas », avoue-t-elle. Elle a toutefois craqué pour une paire de rollers vintage qu'elle espère sortir régulièrement. « Je les trouve trop beaux. »
Selon le dernier baromètre sport-santé d'Ipsos publié l'an dernier, les Français dépensent en moyenne 300 euros par an pour leurs fournitures de sport, souvent en achetant neuf. Pour ceux qui hésitent à se séparer de leur matériel, Antoine Droullours propose une règle simple : « Si ça n'a pas servi dans l'année, c'est sans doute qu'il faut s'en séparer ». Mais sans les jeter, conclut-il, la seconde main permet de donner une nouvelle vie à ces articles.



