Plastic Odyssey : un navire-laboratoire contre la pollution plastique
Plastic Odyssey : un navire contre la pollution plastique

Le Girondin Alexandre Dechelotte, âgé de 33 ans, est le cofondateur de Plastic Odyssey, une ONG environnementale qui lutte contre la pollution plastique. Jusqu'au 7 mai, le navire-laboratoire fait escale à Bordeaux, port d'attache de Dechelotte, l'un des deux chefs d'expédition.

Un navire multifonctions

Le navire Plastic Odyssey ne pêche pas les déchets en mer. Il transporte des déchets plastiques ramassés à terre et les transforme à bord dans sa micro-usine. Ce bateau multifonctions accueille le grand public, dont 12 000 scolaires, des décideurs et des entrepreneurs lors de ses escales. Il mène également des missions scientifiques. L'objectif de l'ONG est de mettre en lumière des solutions locales et d'en développer de nouvelles.

Genèse du projet

L'aventure a débuté il y a dix ans avec Simon Bernard, un autre officier de la marine marchande. Leur idée : trouver des solutions contre la pollution plastique. Ils ont acheté un navire allemand construit il y a un demi-siècle pour la recherche scientifique et l'ont rebaptisé Plastic Odyssey. Mais le chantier, prévu pour durer trois mois, a finalement duré trois ans et coûté 3 millions d'euros. Malgré les difficultés, ils ont persisté et ont débuté leur tour du monde en octobre 2022, une aventure de trois ans et demi avec 45 escales dans les pays les plus touchés par la pollution.

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La problématique du plastique

Depuis les années 1950, au moins 6 milliards de tonnes de plastique ont été produites. Presque tous ces polymères se retrouvent dans les océans et sur les côtes, avec un impact énorme sur la santé. Dans les pays riches, la collecte et le recyclage sont relativement organisés, mais ce n'est pas le cas dans 90 % des pays, où il n'y a pas de filière de retraitement rentable.

Alternatives et solutions

Sortir de la facilité du plastique demande un effort, surtout dans les pays où la vente en vrac n'est pas généralisée. À bord, l'équipe expérimente des alternatives au quotidien : pain, pâtes, huile, lait végétal, lessive, savon sont fabriqués dans leur laboratoire pour éviter les emballages. La micro-usine, qui tient dans un conteneur, comprend une broyeuse, une extrudeuse et un compacteur. Elle permet de fabriquer des poubelles de tri, des chaises, du mobilier scolaire, des planches, des marchepieds de train, etc. Cette unité est duplicable partout. Plusieurs unités ont déjà ouvert à Dakar, au Sénégal, et l'objectif est de créer 200 usines dans les cinq prochaines années.

Projets futurs

Après le tour de France, l'ONG prévoit de construire un cargo de 60 mètres à propulsion vélique (un mix de voiles rigides et de kitesurf), plus sobre et avec une plus grande capacité, pour transporter 200 tonnes de déchets plastiques. Le chantier n'est pas encore choisi. Plus d'informations sur www.plasticodyssey.org.

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