Une vingtaine d'élèves d'une classe de Grande section de maternelle en Essonne, assis à leur table dès le matin, ont écouté attentivement les conseils de Lucas Bocquillon Liger-Belair. Cet étudiant en pharmacie de 24 ans, interne en biologie médicale à Brest, est intervenu dans le cadre de son service sanitaire pour expliquer aux enfants les réflexes à adopter pour un petit-déjeuner réussi.
Des assiettes sucrées mais pas équilibrées
Pour mettre les enfants en appétit, Lucas leur demande ce qu'est pour eux un petit-déjeuner. Lors d'un premier atelier, les maternelles indiquent dans une assiette ce qu'ils consomment le matin à la maison : gâteaux, petits pains, biscuits, Nutella, confiture, mais aussi biberons. « Pour la plupart, c'est assez complet, se réjouit Lucas. Mais il y a beaucoup de produits transformés. »
Un échange s'instaure pour définir un petit-déjeuner bénéfique pour la santé. « Les enfants, il faut au minimum un produit laitier, un produit céréalier, un fruit ou un jus de fruit frais (préparé soi-même ou du pur jus) et un verre d'eau. » Le mot d'ordre : éviter le sucre. « Dans les yaourts, il ne faut pas manger ceux avec des fruits ou ceux trop riches en sucre, prévient Lucas. On peut aussi le remplacer par un verre de lait. »
Les élèves réagissent, certains ayant oublié le produit laitier dans leur assiette type, d'autres confiant ne pas avoir faim ou manquer de temps. Lucas détaille les bienfaits de ce repas : « Cela apporte l'énergie nécessaire pour être en forme le matin, notamment à la récré pour jouer avec les copains. Cela permet aussi d'être moins endormi et plus concentré sur ce que dit la maîtresse. »
Le Nutri-Score et le sport en ateliers
Après avoir défini le petit-déjeuner idéal, les enfants se penchent sur l'atelier Nutri-Score. Ils pointent les étiquettes E sur des boîtes de gâteaux ou de charcuterie. Chaque lettre est expliquée, de A (meilleure qualité nutritionnelle) à E (qualité nutritionnelle la moins favorable). Un jeu d'enfants pour les maternelles. Le score prend en compte les éléments à limiter (calories, sucre, sel, acides gras saturés) et ceux à favoriser (fibres, protéines, fruits, légumes).
Place ensuite à l'action : les élèves font une activité sportive en classe, tournant en rond, levant les genoux, faisant des talons-fesses. Car « manger » et « bouger » sont liés. En France, la recommandation pour un enfant de 5 à 6 ans est d'au moins soixante minutes d'activité physique modérée à soutenue par jour, avec des exercices variés pour développer endurance, coordination, équilibre et agilité. À la fin des ateliers, les enfants sont prêts pour un bon petit-déjeuner, quitte à « faire la leçon » à la maison.
Une petite dose de protéines essentielle
En complément, 20 Minutes a contacté Eva Vacheau, autrice, biologiste et nutritionniste. Elle note que les petits-déjeuners sont parfois « trop sucrés chez les enfants. Il faudrait au moins une petite dose de protéines. » Cet apport se matérialise par un produit laitier comme un petit-suisse ou du skyr. « Les enfants seront plus concentrés à l'école, car les protéines permettent de fabriquer de la dopamine. »
Pour le jus de fruits, Eva Vacheau donne le même conseil que Lucas : diluer la moitié d'un verre de jus d'orange avec de l'eau. Au produit laitier et au jus, elle ajoute un « bout de pain », de préférence complet ou intégral au levain, mais du pain normal si l'enfant n'aime pas. « Ils auront ainsi une petite dose de protéine supplémentaire. » Pour un enfant de 5 ans, les besoins en protéines varient entre 15 et 20 g par jour (environ 1 g par kilogramme de poids corporel). La dopamine est bien l'ami du petit-déjeuner, pour les petits comme pour les grands.



