Au camping Bimbo de Biscarrosse, dans les Landes, les tentes ont disparu au profit des chalets et des mobil-homes, alignés comme dans une petite ville. Seule une dizaine d'emplacements nus restent proposés aux campeurs, mais ils ne sont pas disponibles à la réservation. En août, dans ce domaine qui compte plusieurs piscines, aires de jeux, terrains de sport et de pétanque, ainsi qu'une salle de fitness, les mini-maisons bardées de bois (de 20 à 40 m²) se louent entre 1 200 et 1 900 euros la semaine.
Une transformation profonde du secteur
Selon la Fédération nationale de l'Hôtellerie de plein Air, la France perd entre 50 et 100 campings chaque année, principalement de très petits sites ou des campings municipaux. En parallèle, les tentes ont laissé la place aux lodges et aux mobil-homes, plus chers et plus rentables. D'après l'Insee, en 2023, 49 % des emplacements étaient équipés de « locatifs » – mobil-homes, chalets et lodges –, contre 29 % en 2003.
Un modèle économique en mutation
Cette évolution s'inscrit dans une vaste restructuration du secteur vers des grands groupes franchisés. Les petits campings familiaux peinent à survivre face à la concurrence des grands domaines qui proposent des hébergements haut de gamme et des équipements de loisirs. « L'ouvrier qui partait un mois sous la tente, c'est fini », résume un professionnel du secteur.
Des conséquences sur l'offre et la clientèle
La hausse des prix et la standardisation des hébergements modifient le profil des vacanciers. Les mobil-homes et lodges attirent une clientèle plus aisée, tandis que les campeurs traditionnels se tournent vers d'autres formes de tourisme ou abandonnent les vacances. Cette tendance soulève des questions sur la préservation de l'esprit du camping, autrefois synonyme de simplicité et de convivialité.



