Plus de 800.000 fidèles se sont rassemblés ce samedi après-midi sur les Champs-Elysées et jusqu'à l'Arc de Triomphe, avenue de la Grande-Armée, pour assister à la messe célébrée par le pape Léon XIV. Beaucoup, comme Léopold et Isabelle, un couple de retraités franciliens, n'avaient pas les billets pour accéder à la zone proche de l'autel, place de la Concorde. « On pensait être dans le secteur B, au niveau de Franklin Roosevelt, et on s'est fait refouler. On n'avait pas les bons billets », racontent-ils.
Une communion malgré la distance
Installés à quelques pas de la Porte Maillot, dans la zone la plus éloignée, le couple ne se laisse pas abattre. « Il y a l'écran géant et on a nos téléphones », se rassure Isabelle. Son mari, un drapeau du Vatican piqué à l'arrière de sa casquette, ajoute : « L'important c'est d'être avec plein de personnes, parce qu'on forme un groupe, une communauté tous ensemble, c'est extraordinaire ».
Isabelle ne tarit pas d'éloges sur le pape Léon XIV : son sourire, sa voix « posée », son calme. Léopold renchérit : « On a besoin de sa simplicité, de son humilité. Il est entouré de millions de gens, mais c'est comme s'il était entouré d'une dizaine de personnes ».
Des familles installées sur l'avenue de la Grande-Armée
Un peu plus haut sur l'avenue, des familles ont pris leurs quartiers : des tapis de yoga et des couvertures jonchent le sol, des enfants jouent ou colorent des dessins du blason du pape. Quand la papamobile entame sa descente des Champs-Elysées, les yeux se rivent sur le grand écran. « Il a l'air trop chou, le pape », lance une adolescente venue avec un groupe d'amis.
Malgré la distance, l'ambiance se fait sérieuse au moment des prières. Tous tiennent un petit livre de prières distribué par les bénévoles du diocèse de Paris. « Chut ! Venez, on chante », recadre une jeune fille du groupe. Quand Léon XIV gagne l'autel érigé à environ quatre kilomètres plus bas, il procède au signe de croix et le silence est immédiat. On n'entend plus qu'un hélicoptère qui survole la zone.
« Une vraie communion avec tout le monde »
Malgré une heure et demie de prières et de chants, « on n'a pas vu le temps passer », assure Ingrid, venue avec sa fille Elora. Cette dernière porte un petit chapelet et une imposante croix en bois. « C'est une vraie communion avec tout le monde et beaucoup d'émotions », raconte la mère de famille, qui n'a pas été dérangée par la distance. « Le fait que tout le monde chante ensemble, c'est vraiment beau », s'émerveille sa fille.
Shifra, accompagnée de ses quatre frères et sœurs et de leur mère, partage ce sentiment. « Même si on n'a pas eu de billets, le fait d'être ensemble nous a suffi », affirme la jeune femme. Dès 10 heures du matin, la petite troupe était déjà « collée contre les barrières » pour voir au mieux l'écran géant derrière l'Arc de Triomphe. « C'était un peu long mais ça en valait la peine, parce que ce n'est pas quelque chose qui arrive tous les jours », glisse Shifra.
Un appel à la communauté au quotidien
Selon Shifra, pas besoin d'être aux pieds du pape pour être transcendé par l'émotion : « Le fait qu'on soit tous réunis autour d'un lien commun qui est le christianisme, c'est ça qui m'a le plus touchée aujourd'hui ». Elle poursuit : « J'en parlais avec une amie et on trouvait qu'il manquait parfois un peu de solidarité entre nous. On est très solitaires, chacun est de son côté ». Après cette messe, elle est plus convaincue que jamais : les Chrétiens devraient « former une communauté dans la vie de tous les jours ».