Guillaume Meurice à Nice : humour, politique et passes d'armes avec Ciotti
Guillaume Meurice à Nice : humour et politique

L'humoriste Guillaume Meurice, figure de la gauche radicale, était de passage à Nice vendredi 25 septembre 2026, invité par Jonathan Gensburger, de la CGT Spectacle 06, puis samedi 26 septembre au village du Broc. Ancien chroniqueur de France Inter, licencié après une blague jugée antisémite sur le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, il officie désormais sur Radio Nova, où son émission « La Dernière » réunit jusqu'à 800 000 auditeurs chaque dimanche soir.

Un échange au cinéma Variétés et une rencontre avec le public

Au cinéma Variétés, Meurice a échangé avec le public autour de Fini de rire, documentaire de Jean-Baptiste Rivoire (Off Investigation) consacré à trente ans de censures politiques visant les humoristes. La projection a été suivie d'une discussion, en présence de la CGT Spectacle, qui a dénoncé la montée de l'extrême droite. L'humoriste a rapidement donné le ton : « On est dans une salle publique, alors si on dit du mal de lui [le maire], il ne faut pas qu'il se reconnaisse. » Avec le public, un nom de code est vite trouvé : « Benito ».

Le lendemain, au théâtre Lino-Ventura à l'Ariane, il explorait avec l'astrophysicien Éric Lagadec, de l'Observatoire de Nice, les confins de l'univers et ceux, plus terrestres, de la connerie humaine, dans un spectacle intitulé « Vers l'infini… mais pas au-delà ».

« Un microcosme » : Meurice évoque son accueil à Nice

Interrogé sur son image de persona non grata dans une ville votant massivement à droite, Meurice a répondu : « Ailleurs en France, il y a cette image d'une ville peuplée de vieux de droite. Un humoriste aime s'appuyer sur ce genre de clichés. » Il a ajouté : « Pour ce qui est de mon accueil ici, c'est super. Je suis passé chez Cédric Herrou, à la librairie Les Parleuses qui vient de rouvrir… Et ce soir, c'est complet. Il y a 650 personnes. »

Il a également exprimé son souhait de voir des spectateurs d'extrême droite dans son public : « On dit toujours qu'ils se trompent de colère. Je pense qu'ils se trompent de peur. N'ont-ils pas peur de perdre leurs acquis sociaux, n'ont-ils pas peur du dérèglement climatique ? J'ai besoin de comprendre. Voilà pourquoi j'aime dialoguer avec eux et mes haters. »

Passes d'armes avec Éric Ciotti et réflexions sur le pouvoir

Revenant sur son passif avec Éric Ciotti, Meurice a déclaré : « Ça fait longtemps qu'il ne veut plus me parler… Je lui avais fait remarquer qu'en suivant ses critères racistes, j'étais plus français que lui. Je crois qu'il s'est aussi fâché parce que je l'ai qualifié de "gros porc". » Il a également évoqué la récente polémique sur le lever des drapeaux à l'école : « Je trouve que c'est incohérent. L'extrême droite vient prendre le drapeau de la Révolution française, des droits de l'Homme, tout ce qui est contraire à leur idéologie. S'ils aiment tant les privilèges et l'autoritarisme, qu'ils gardent la fleur de Lys. »

Interrogé sur l'humour comme contre-pouvoir, il a répondu : « On est des clowns. Ça ne renverse pas un régime. Rire, ça permet juste de dire : "Je n'ai pas peur". » Il a ajouté : « Tout le monde est engagé : même celui qui ne prend pas position, qui dit ne pas faire de la politique. La position de neutralité, c'est la position des dominants. Si tu vois quelqu'un se faire tabasser dans la rue et que tu passes ton chemin, tu es complice. »

Le parquet de Nanterre avait classé sans suite la plainte déposée par l'Organisation juive européenne contre Meurice pour « provocation à la violence et à la haine antisémite » et « injures publiques à caractère antisémite ». L'humoriste poursuit ses activités sur Radio Nova et continue de se produire sur scène, notamment dans le sud de la France.