Léon XIV quitte Paris après une messe géante et rejoint Lourdes
Léon XIV quitte Paris après une messe géante pour Lourdes

Le pape Léon XIV, acclamé par quelque 800 000 personnes, a clôturé samedi par une messe géante sa visite à Paris, la première d’un pape dans la capitale française depuis 2008, avant de prendre la direction de Lourdes, nouvelle étape de son déplacement en France. Une marée humaine a salué le souverain pontife lors de sa déambulation sur les Champs-Elysées jusqu’à la place de la Concorde, où se dressait une vaste structure éphémère avec un autel blanc surmonté d’une croix de 4 mètres.

Une foule immense et des témoignages de foi

« L’essentiel c’est qu’on soit nombreux, de participer à la communion », explique, à proximité de l’Arc de Triomphe, Marie-Hélène, venue de banlieue parisienne. Jeanne de Montagnac, 29 ans, venue sur les Champs-Elysées avec son mari et leur petite-fille de deux ans, juchée sur ses épaules, numéro de téléphone parental écrit sur le bras, témoigne : « C’est un moment fort pour nous dans notre foi d’être entourés par d’autres gens qui ont aussi cette foi, qui ont soif et qui ont de l’espérance ». Virginie Courtot, 51 ans, estime que ce pape « parle à un public au-delà de la religion catholique, c’est le pape qu’il nous faut dans l’époque actuel, qui remet de la nuance et de la réflexion ». « Les cathos, on ne les entend pas beaucoup, là on va faire du bruit ! Mais pour annoncer l’amour, la paix, la joie », s’est réjoui Sylvie Leclerc, enseignante de 51 ans, venue de Seine-Maritime.

Le Vatican a chiffré à environ 800 000 personnes la foule présente pour la messe. La déambulation de vendredi dans les rues de Paris, au premier jour de sa visite, avait déjà rassemblé 300 000 personnes puis, dans la soirée, il avait été accueilli telle une star par 80 000 jeunes dans le Stade de France, à Saint-Denis, soit déjà près de 1,2 million de personnes revendiquées par le Vatican. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec les 260 000 fidèles rassemblés par Benoît XVI en 2008, aux Invalides, théâtre de la dernière messe papale en date à Paris, où le million de personnes présentes pour Jean-Paul II lors de la messe des Journées mondiales de la Jeunesse en 1997 à Longchamp.

Une homélie sur la « soif de sens »

Samedi, vêtu d’habits liturgiques confectionnés pour l’occasion, le souverain pontife est arrivé au son de l’orgue et des cuivres alors que le soleil faisait enfin une timide percée. Souriant et détendu, il a descendu en papamobile les Champs-Elysées, bénissant au passage de nombreux bébés et saluant la marée humaine de fidèles, dont beaucoup étaient arrivés des heures en avance. Sur plus de deux kilomètres, ils ont pu, tant que bien que mal pour ceux qui étaient les plus éloignés, suivre l’office d’une heure et demie sur des écrans géants.

Dans son homélie, le chef de l’Eglise catholique a souligné la « soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le coeur de chacun » face à la tentation de se contenter de « biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles ». La foule recueillie a suivi avec attention le livret de messe et repris les chants en choeur. Une tonne d’hosties étaient prévues pour la communion, qui a duré bien après le départ du souverain pontife.

Présences politiques et actions militantes

De nombreuses personnalités politiques étaient présentes, dont les candidats à la présidentielle Edouard Philippe, Gabriel Attal et Marine Le Pen, accompagnée de Jordan Bardella, ainsi que le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’ancien président Nicolas Sarkozy et les présidents des deux chambres du Parlement, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. Le chef de l’Etat Emmanuel Macron était représenté par son épouse Brigitte Macron.

Au milieu de la foule, avant l’arrivée du pape, des militantes de l’association féministe catholique Magdala ont déployé une banderole, sur laquelle a été féminisé un verset de l’Evangile « Heureuses celles qui ont soif de justice », pour que les femmes soient « pleinement accueillies » dans l’Eglise. Mais elles ont dû la replier rapidement à la demande d’une bénévole chargée de la sécurité.

Une visite sous haute sécurité et un message sur les migrants

La visite inédite de Léon XIV dans l’Hexagone, qui le mènera à Metz lundi après son passage à Lourdes, a lieu sous haute sécurité, mobilisant 17 000 bénévoles, près de 15 000 policiers et gendarmes pour un budget titanesque de 27 millions d’euros. Lui-même petit-fils d’immigrés, Léon XIV avait commencé sa deuxième journée en France en se rendant dans l’association diocésaine de soutien aux migrants la Maison Bakhita. « Une maison qui témoigne à toute la ville qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix », a-t-il déclaré, après avoir entendu des témoignages d’exilés afghan et nigérian dans cette association située dans un quartier populaire.

Depuis son élection en mai 2025, Robert Francis Prevost a régulièrement appelé à défendre la dignité des personnes exilées et des réfugiés, n’hésitant pas à critiquer la politique migratoire du président américain Donald Trump. Le chef des 1,4 milliard de catholiques dans le monde s’est ensuite dit « émerveillé » par le nombre croissant de nouveaux baptisés en France, dont il a rencontré certains au siège historique de la « Catho de Paris ». Le pape poursuit désormais son périple à Lourdes, avant de conclure sa visite à Metz lundi.