Ce samedi, en fin d'après-midi, près de 400 personnes se sont rassemblées sur l'avenue Feuchères à Nîmes avant de s'élancer pour une marche pour le climat, le vivant, la paix et les solidarités. Organisée par une quinzaine d'associations, cette mobilisation a donné lieu à des discours engagés et à la remise d'une déclaration d'état d'urgence climatique à l'adjoint à la transition écologique de la ville.
Une mobilisation fervente mais modeste
Les manifestants, munis de pancartes fantaisistes comme « Agir ou cuire, il faut choisir », « Il n'y a pas de planète B » ou « Pense à la planète, prends ta bicyclette », ont parcouru un circuit dans le centre-ville avant de revenir devant la préfecture. La cause est grave, mais la mobilisation est restée modeste, et les jeunes n'étaient pas les plus nombreux.
Parmi eux, Kim, Ludovic et Louane, étudiants en BTS agricole, confient leur peur et leur colère. « On a peur de ne plus réussir à vivre sur cette planète mais on doit agir, ça passera par nous, les jeunes », explique l'un d'eux. Leur enseignante, Claire, qui les a rejoints, ajoute : « C'est déjà trop tard. On ne retrouvera plus jamais un climat avec de la neige en hiver et des étés à 30 degrés. Les jeunes viennent de vivre l'été le plus froid de leur vie… »
Des participants venus de loin
Certains manifestants sont venus de Lozère, comme Julie et Yorick, accompagnés de leurs trois enfants. « Je tenais à être là, glisse Julie avec émotion. Le monde capitaliste va dans le mur et détruit la planète. Je veux un autre monde pour tous les enfants. » René et Simone, 85 ans, sourient : « On ne s'inquiète pas pour nous mais pour nos petits-enfants. »
Après l'inusable Bella Ciao, chantée par la chorale des Poppys, Jacques Sarda, pour Nîmes en Transition, a chauffé la foule : « Est-ce que vous avez eu chaud cet été ? On va marcher pour le climat, le vivant mais aussi pour la paix et la solidarité dans un monde en crise. On veut un plan d'atténuation et d'adaptation climatique. »
Des chiffres alarmants et une déclaration d'urgence
Antonin, de Citoyens pour le climat à Nîmes, a rappelé des chiffres inquiétants : « Cet été, on a expérimenté un mode à 1,5° de plus, il y a eu 8 000 décès et 160 000 hectares de forêt ont brûlé ». Attac a également critiqué la sortie d'Emmanuel Macron en 2022, qui avait déclaré « Qui aurait pu prédire la crise climatique », alors que 20 000 hectares avaient brûlé dans les Landes.
Avant le départ de la marche, Jacques Sarda a remis à Colin Gril, l'adjoint à la transition écologique, une déclaration d'état d'urgence climatique. Les militants espèrent qu'elle sera adoptée par le conseil municipal de Nîmes.